{{syndication url="http://www.amisdelaterre.org/spip.php?page=backend" nb="5" title="Amis de la terre"}}
donne

{{syndication url="http://www.lagedefaire-lejournal.fr/feed/" nb="5" title="Age de Faire" template="accordeon.tpl.html"}}
donne

Age de Faire

L’oasis source de vie, chez Madani, est une petite ferme auberge agricole qui accueille « comme en famille » les woofers, les voyageurs et les touristes, qui veulent découvrir le désert et les cultures nomades.

Une légère brise apporte la tiédeur du sable chaud. Sur la véranda recouverte de canisses et de feuilles de palmiers, Antoine écosse les petits pois achetés au marché. Le jeune homme, qui partage son temps entre la Bretagne et l’Auvergne, vient de faire dix jours de woofing chez Madani, à L’oasis source de vie, au sud du Maroc, près du village de M’Hamid. Antoine avait pianoté sur internet et quand il a eu Madani, sur WhatsApp, celui-ci lui a dit : « Viens, on accueille tout le monde. » Le thé est presque prêt. Hassane, qui travaille ici pendant la période touristique, de septembre à avril, ventile le charbon de bois. Un portable diffuse la voix de la chanteuse malienne Oumou Sangaré.
Dès son arrivée, Antoine a manié la bêche. « Il y avait eu, la veille, une tempête de sable. J’ai refait les canaux d’irrigation. Il faut surveiller, et à cause de l’eau sur le sable, refaire plusieurs fois par jour les bordures. » Nous sommes en mars, et en cette période où les arbres sont en fleurs, il faut arroser toute la journée avec l’eau du puits. Une bonne odeur venue de la cuisine vient chatouiller les narines. « Le premier jour, je me disais : “Quand est-ce qu’on mange” », avoue Antoine. J’ai besoin de manger. Le deuxième jour, quand j’ai vu que Halid commençait à préparer le repas, je me suis dit : “O.K.” » Ici, on mange quand c’est prêt, plutôt en début d’après-midi et tard dans la soirée. Se doucher avec un seau d’eau, aller chercher l’eau potable dans des bidons au village : Antoine, qui confie « être un peu maniaque chez lui », s’est habitué à « sortir de sa zone de confort » et à se passer « de tout ce qui est superficiel ». Il apprécie cette vie à l’oasis : « Tout est plus simple, familial, les gens se font des câlins. »

« On apprend à changer les choses dans les têtes »

Chaque personne a envie de donner, constate Anna, une étudiante allemande, qui, cette année, a séjourné chez Madani en touriste, après avoir fait du woofing l’année dernière. Cette oasis « réveille les idées ». Sur un morceau de bois accroché au tronc d’un palmier, elle a écrit que ce lieu est « un cœur immense » en allemand et en arabe.

C’est un lieu pour la fantaisie et l’utopie, dans une réalité dure. À Leipzig, on apprend le soutenable dans la ville, mais ici on échange, on fait des rencontres, et on apprend à changer les choses dans les têtes.

Avec Michelle, qui, comme elle, étudie l’anthropologie, elle a réalisé une vidéo sur le circuit de l’eau dans l’oasis, « pour montrer ce qu’il est possible de faire. J’aimerais aller en Jordanie – je parle arabe – pour faire découvrir ce qui se fait ici. »
Madani, entouré de celles et ceux qui se sont engagé·es à ses côtés, est arrivé petit à petit à faire reverdir cette oasis, privée d’eau suite à la construction d’un barrage hydroélectrique sur le Drâa. Il a créé une petite ferme aux portes du désert, accueillant des poules, des pigeons, une femelle dromadaire, un âne et bientôt des chèvres. Là où il n’y avait que le sable et quelques palmiers assoiffés, on trouve, au bout de dix ans, de beaux arbres, comme les eucalyptus, les tamaris, les oliviers, les grenadiers, qui apportent déjà leur fraîcheur et procureront bientôt de l’ombre aux cultures maraîchères. Madani arrose ses plantations avec une eau saumâtre puisée dans la nappe phréatique, en partie désalinisée grâce à divers systèmes qu’il expérimente (lire p. 12 et 13). Avec très peu d’outils et en utilisant les matériaux locaux – terre, canisse, tamaris, palmiers – il a construit un lieu qui peut héberger, dans de jolies maisons en terre, une quarantaine de personnes et même plus, en comptant les tentes sahraouies.

« On est des touristes et en même temps,on a une place »

Au pied d’une grande terrasse qui s’ouvre sur le désert de sable, Driss, un ami venu donner un coup de main, mélange de l’argile, de l’eau et du sable dans un seau, pour passer une couche de finition sur le mur de soubassement en briques de terre. Cette terrasse est chère à Madani : il l’a conçue pour qu’on puisse voir à tout moment le contraste entre l’ancienne palmeraie, qui se meurt par manque d’eau, et la verte oasis, arrosée et protégée du vent de sable, bien à l’abri, dans ses murs d’enceinte en terre. Lamine, compagnon de travail de Madani depuis plusieurs années, traverse l’oasis par l’allée centrale qui dessert de chaque côté les carrés de culture. Rien ne lui échappe. Une rigole affaissée à reconstruire, des tapis d’extérieur à arranger : il est là, toujours souriant, efficace et silencieux. Un vent léger fait bruisser les feuilles de palmiers. Tout est calme. On n’entend que le bruit de l’eau qui sort de la pompe et remplit les canaux d’irrigation. À l’heure la plus chaude de la journée, les voyageurs, les woofers et les jeunes espagnols, venus participer à un stage de permaculture, ont rejoint leurs petites maisons en terre, naturellement climatisées. Ni trop chaudes, ni trop fraîches, équipées de grands tapis marocains, elles offrent un refuge confortable pour la sieste.
Bernadette connaît bien l’oasis. C’est son deuxième voyage. Très vite, elle a été touchée par ce lieu différent des autres.

Madani laisse la place aux gens. Il permet d’expérimenter. Il a ça en lui. C’est naturel. Il est toujours partant. “On va essayer”, dit-il souvent. Il est dans l’expérimental, au niveau culturel et relationnel. Il a l’intuition que quelque chose va être possible. Ça permet de se retrouver face à soi-même. On est des touristes et en même temps on a une place. Ici, on ne répond pas à toutes nos exigences ou à tous nos besoins. On peut participer, donc on trouve sa place. Ou pas. Car on est habitué à notre confort. Si Lamine répare le mur, j’irai l’aider.

Bernadette

« À tout moment je peux aider quelqu’un »

C’est comme ça que Laurence, une touriste, s’est emparée tout naturellement d’un pinceau pour transformer des fonds de bouteilles en plastique, incrustées dans le mur de la terrasse, en une magnifique frise multicolore. Quant à Lydia, délaissant son hamac, elle a parcouru l’oasis de long en large, caméra à la main, pour promouvoir sur les réseaux sociaux la permaculture mise en œuvre par Madani. Natacha, après sa marche de six jours dans le désert (lire p. 10 du journal), a eu beaucoup de plaisir à fabriquer des briques, en compagnie des jeunes stagiaires espagnols (lire p. 11 du journal).

Tous les jours, je découvre. La construction et la permaculture, je connais un peu, mais là j’apprends des trucs. Les ateliers, ça m’a remis dans le concret et le faire. Je commence à comprendre qu’à tout moment je peux participer, aider quelqu’un. Le premier jour, j’ai fait la cuisine pour rencontrer les gens. Je me suis sentie bien accueillie dans ce territoire où je suis un peu perdue et déconnectée de mes repères.

Natacha

Madani est toujours resté dans le cœur. À la différence des grandes agences, implantées au village de M’Hamid, qui proposent des bivouacs dans le désert, il n’est pas dans le business. Son souci principal, c’est que les gens soient accueillis comme dans une famille et se sentent en sécurité. Sa priorité, c’est l’humain.

se réjouit Marie, compagne de route de Madani depuis la pose de la première brique et la plantation de la première petite pousse.

Nicole Gellot

https://desert-permaculture-chezmadani.com

Cet article La renaissance d’une oasis est apparu en premier sur Le site du journal L'age de faire.


Accéder à l'intégralité du contenu

Le Conseil constitutionnel l’a confirmé : il y aura un référendum sur la privatisation de l’entreprise Aéroports de Paris, si cette proposition recueille les signatures de 10 % des électeurs, soit 4,7 millions de personnes. ADP a un quasi-monopole de l’accès en avion dans la région parisienne. Elle pourra imposer ses tarifs aux compagnies d’aviation, en particulier à Air France. Certes, l’État aura théoriquement un droit de regard, mais l’utilisera-t-il ? Les moyens de transport pour accéder aux aéroports, comme le contrôle douanier des passagers et des marchandises, incombent aux pouvoirs publics. Faut-il que l’État prenne à sa charge les dépenses et une société privée les recettes ?
ADP possède d’importantes réserves foncières autour de Paris. Est-il acceptable qu’elle décide de bétonner ses terrains, à l’encontre des nécessités de la transition écologique ?
En même temps, le gouvernement veut privatiser la Française des jeux, une entreprise particulière, qui ne doit pas avoir l’objectif de développer son activité mais doit au contraire éviter les jeux trop attractifs, lutter contre l’addiction des joueurs, lutter contre le blanchiment d’argent sale, ce qui est contradictoire avec la maximisation de son profit.

Une opération absurde

De point de vue financier, il s’agit d’une opération absurde. Les trois privatisations envisagées (ADP, La Française des jeux, Engie) rapporteraient 15 milliards ; l’État en utiliserait 5 pour se désendetter et 10 milliards seraient placés par un fonds qui rapporterait 250 millions par an, lesquels financeraient « des innovations de rupture ». Mais ces sociétés rapportent actuellement environ 1 milliard de bénéfices à l’État par an, soit une rentabilité de plus de 6 %. Pourquoi les vendre pour placer le produit de la vente à 2,5 % ? Par ailleurs, l’État peut aujourd’hui s’endetter sur dix ans à 0,3 % pour financer de grands programmes industriels. Nul besoin de vendre des bijoux de famille.
L’aéroport de Toulouse aurait dû servir de leçon : fallait-il confier une infrastructure vitale pour une région à une entreprise chinoise pirate, soucieuse avant tout d’en tirer un maximum de cash ?
Comment expliquer de telles opérations ? Des grandes entreprises comme Bouygues, Eiffage, Vinci, sont devenues des États dans l’État. Elles disposent de profits abondants, de capacités d’emprunts quasi illimitées, alors que l’État s’est appauvri en diminuant les cotisations sociales et les impôts sur les plus riches et sur les grandes entreprises. L’État se retire pour leur laisser un champ d’action. Il leur confie les infrastructures publiques, comme il leur confie la culture ou le sport avec l’appel au mécénat.
Ces privatisations marquent un renoncement de l’État. Voilà pourquoi nous devrons nous mobiliser pour obtenir ces 4,7 millions de signatures, afin de réaffirmer que l’État doit rester le garant du bien commun.

Henri Sterdyniak, économiste atterré

Cet article ADP doit rester publique est apparu en premier sur Le site du journal L'age de faire.


Accéder à l'intégralité du contenu

Dans le sud du Maroc, un jeune Sahraoui fait reverdir depuis dix ans une ancienne oasis. Aidé par une association espagnole, il a développé la permaculture et conçu différents systèmes de désalinisation pour cultiver avec de l’eau saumâtre. Cette oasis, nommée Source de vie, est un lieu où les stagiaires et les voyageurs, accueillis comme en famille, peuvent partager leurs savoir-faire et partir à la découverte du désert et de la culture sahraouie.

Au sommaire du numéro 143 – Juillet – Août 2019

1/ EDITO un été pas comme les autres /
Transports : à Aubagne, 10 ans de sereine gratuité
2 / courrier et concombres
3 / En festival : la ruée vers les déchets
4 / Brésil Raoni, gardien de la forêt
Entretien « Ils veulent des postiers à genoux »
5 / livre NDDL : une BD pour vivre la Zad / Festival théâtre féminin en Avignon / ma petite entreprise Les « maisons bulles »
6 / 7 Reportage pratique de l’homéopathie
12 /13 / Portfolio cultiver avec l’eau salée
14 /15 / Actu Solidarité, haut les mains ! / Surf en kit à la « Bergerie » / Saint-Malo : l’hôtel qui fâche / Grrr ondes : linky et les connexions de la juge
16 / 17 / Lorgnettes EDF : si les Gilets jaunes savaient… / Les étrangers, cobayes de la justice ?
18 / l’atelier au jardin, rubrique à bec, La pause Qi Gong, jouons z’un brin
19 / Notre maison commune
20 /21 fiche pratique : récupération et aménagement d’une caravane


Devenez sociétaires de notre Maison commune !

La Maison commune ? Un lieu partagé dans lequel L’âge de faire aura ses locaux, aux côtés d’une MJC et d’une association écolo. Spectacles et expositions, animations d’éducation populaire, sensibilisation à la transition écologique, ressources sur l’économie sociale et solidaire, accueil de médias citoyens, accompagnement d’initiatives d’habitant·es…
Ce projet, auquel nous travaillons depuis plusieurs années, vise à créer un lieu d’émancipation, d’expérimentation et de convivialité, à la croisée du social, de l’économie, de la culture et de l’écologie. Pour le concrétiser, nous créons une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic), qui va acheter et rénover le bâtiment de l’ancienne mutuelle de l’usine de Saint-Auban, au cœur de cette cité ouvrière de Haute-Provence.

Vous voulez nous soutenir ? Devenez sociétaires de la coopérative, en souscrivant une ou plusieurs parts (à partir de 30 euros).

Cet article L’homme qui plantait des arbres est apparu en premier sur Le site du journal L'age de faire.


Accéder à l'intégralité du contenu

Depuis ses débuts dans le métier, l’apiculteur Vincent Canova a vu la profession changer et transformer la nature même de l’abeille domestique, aujourd’hui trop dépendante de l’humain. Il se bat aujourd’hui pour la préservation urgente de l’abeille noire.

Pour illustrer l’état dramatique de l’apiculture en France, Vincent Canova donne un chiffre : « Aujourd’hui, on est à un rapport de 1 pour 1 : les apiculteurs donnent autant de sucre à leurs ruches que ce qu’ils récoltent de miel. » Et le professionnel de décrire les pratiques courantes dans le métier : le nourrissage massif, les transhumances de plus en plus lointaines, l’achat et le changement de reines importées dans les essaims chaque année, voire deux fois par an, l’insémination artificielle… Pour lui, face à l’effondrement des colonies d’abeilles, il faut chercher les responsabilités autant du côté de l’agriculture industrielle que de son pendant apicole : « On est au bout de ce système hors-sol. Pour moi, ce n’est pas de l’apiculture ! Je ne veux pas travailler comme ça. »
Pour l’heure, Vincent n’a jamais travaillé comme ça. Installé à Gluiras, en Ardèche, il a la chance d’avoir hérité d’un cheptel d’abeilles noires (apis mellifera mellifera) constitué par ses parents.

On allait cueillir facilement les essaims dans les châtaigneraies, dans un rayon de 20 km maximum. Ce sont des abeilles qui sont là depuis des millénaires et qui se sont parfaitement adaptées à leur environnement. Elles ont une période de reproduction très ciblée au moment de la floraison du châtaignier. Elles consomment peu de miel l’hiver, et ont un “démarrage tardif” au printemps, pour faire face aux hivers rigoureux et prolongés. Par contre, elles sont peu productives et peu “dociles” par rapport à leurs cousines sélectionnées.

Qu’importe : la ferme familiale n’a jamais été tentée par la folie productiviste, qui, à partir des années 80, a conduit beaucoup d’apiculteurs à importer des sous-espèces plus rentables ; et à multiplier les transhumances : du pain bénit pour les parasites de tous poils, en particulier le varroa destructor, venu d’Asie du Sud-Est, qui a porté un premier coup aux abeilles autochtones, sans défense face à l’acarien. « Au lieu de se poser les bonnes questions, la profession a multiplié les traitements chimiques. Aujourd’hui, les systèmes apicoles sont transhumants à 99 %. On traite comme jamais, mais le varroa est toujours aussi résistant. » Cette première crise a en effet conduit à l’accélération de l’importation d’abeilles moins rustiques, toujours plus fragiles, devenues dépendantes de l’apiculteur.

« La pression économique a changé la nature de l’abeille »
Vincent, lui, a continué comme il l’avait toujours fait et l’avait vu faire : profiter de la sélection naturelle pour que son cheptel s’adapte aux nouveaux fléaux… jusqu’à un certain point : il a vu le nombre de ses colonies diminuer fortement, et a dû diversifier les activités de la ferme. Aujourd’hui, s’il n’a eu « que » 12 % de perte cet hiver, cela montre que ses 150 colonies font encore preuve de caractère. Mais les faits sont là : ses essaims sont moins vigoureux, et il doit les nourrir de moins en moins exceptionnellement…

Je me retrouve aujourd’hui avec une hybridation forcée de mon cheptel, à cause des fécondations des reines par des mâles extérieurs. Je suis dépendant, comme tout apiculteur, de ce que fait mon voisin, et des ruchers transhumants. Résultat : je suis en train de perdre l’abeille noire, comme partout en France où il en reste encore. En trente ans, la pression économique a altéré la nature même de l’abeille. Si on ne fait rien, l’abeille noire aura totalement disparu en 2035, d’après le CNRS (1).


Vincent a décidé d’arrêter la production de miel cette année pour se consacrer à la conservation de son cheptel, et à la formation d’apiculteurs amateurs « à qui, aujourd’hui, on apprend à doser le sucre », alors qu’ils pourraient jouer un rôle crucial dans la conservation de l’abeille noire, du fait qu’ils n’ont pas d’objectif de production. En 2015, il a par ailleurs créé, avec des apiculteurs voisins subissant la même situation, un conservatoire de l’abeille locale. Mais sans « zone-cœur », interdite aux colonies hybrides, la mission s’avère plus que compliquée. Parmi la quinzaine de conservatoires d’abeilles noires en France (qui ont chacune un écotype particulier), beaucoup sont dans la même situation et n’arrivent pas à lutter contre l’hybridation. Néanmoins, certains signes poussent Vincent Canova à l’optimisme. La région Normandie a par exemple donné récemment des moyens suffisants aux apiculteurs de l’Orne, avec l’appui du Parc naturel local, pour mettre en œuvre un conservatoire efficace. Et des préfets prennent désormais des arrêtés pour interdire toute intrusion de ruches hybridées dans les « zones-coeur » des conservatoires. Ainsi, de plus en plus de particuliers sont sensibilisés au déclin de l’abeille noire, et des ruchers-écoles adaptent leurs formations.

C’est en train de bouger, se réjouit l’apiculteur. Mais soyons conscients qu’on est dans l’urgence. Ça va se jouer à une génération d’apiculteurs près. Si on rate le coche, l’apiculture sera définitivement sous perfusion.

Fabien Ginisty
………………………………………………………………………………………..

1 – Centre national de la recherche scientifique, organisme public de recherche.

Cet article L’apiculture productiviste, responsable du déclin des abeilles ? est apparu en premier sur Le site du journal L'age de faire.


Accéder à l'intégralité du contenu

Gravement blessée par la police, Geneviève Legay n’attend qu’une chose : retrouver suffisamment possession de ses moyens pour retourner manifester. L’âge de faire est allé rencontrer cette dame pleine de sagesse.

«  Dès que ça ira mieux, je retournerai battre le pavé. » Geneviève Legay n’en démordra donc jamais : elle ne veut pas « laisser [ses] filles et [ses] petits-enfants dans ce monde où il n’y a que le fric qui compte ». Mais ce lundi 20 mai, alors qu’elle nous reçoit dans son appartement HLM de la Trinité, à l’est de Nice, elle doit encore s’appuyer sur ses béquilles pour marcher. « Quand on m’a arrêté la morphine, à l’hôpital, j’ai eu des douleurs atroces. C’est là qu’ils se sont aperçu que j’avais également le coccyx fracturé. » Elle n’a pu rentrer chez elle que le 15  mai, soit près de deux mois après son admission aux urgences. C’était le 23 mars, à l’occasion d’un rassemblement de Gilets jaunes, suite à une charge policière qui a failli tuer la septuagénaire.
« Je ne crois en aucune religion, mais je me sens comme une miraculée », sourit-elle aujourd’hui. « Quand on est arrivées à l’hôpital, on nous faisait comprendre qu’elle allait mourir », explique Delphine, l’une de ses trois filles. Outre le coccyx, elle souffre de cinq fractures du crâne, d’une fracture de l’oreille interne, a perdu une partie de la vue, n’a plus d’odorat, a presque perdu le goût. « Mais bon, moi ça va encore, je vais m’en sortir. Il faut parler des 300  personnes gravement blessées ou mutilées, et de madame Redouane (1), cette pauvre femme qui a perdu la vie à Marseille. » Geneviève n’est pas du genre à se plaindre…

À 43 ans, elle s’inscrit aux cours du soir
Fille d’un ouvrier et d’une mère qui gagnait trois sous en allant aux champs, Geneviève Legay travaille d’abord dans la comptabilité. Puis, mariée à un cuisinier, elle consacre quinze ans de sa vie à élever ses trois filles, à s’occuper des enfants de ses sœurs, aussi, et à défendre son quartier. « En 1975, nous avons emménagé dans une villa HLM qui venait d’être construite. Il y avait ainsi 300 villas qui rassemblaient 1 200 personnes, et 250 enfants. Mais personne à la mairie n’avait pensé à construire une école pour les accueillir ! » Ne pas pouvoir inscrire ses filles à l’école lui est insupportable. Elle se rapproche alors de la FCPE (2) pour obtenir l’ouverture d’une école. Et dans le même temps, elle crée une association de locataires et de copropriétaires pour faire valoir les droits des habitant·es de sa petite cité.
Sans jamais abandonner ses combats d’hier, elle n’aura ensuite de cesse d’ajouter des cordes à son arc militant : droits des femmes, commerce équitable, altermondialisme, défense des migrant·es, syndicalisme au sein de la CGT, « une super campagne contre le traité constitutionnel en 2005 », lutte pour la justice fiscale… « Tout ça se rejoint, assure-t-elle. Je milite depuis vingt ans avec Attac, où nous clamons qu’ “un autre monde est possible !”  ». Ses engagements ne l’empêchent pas, parallèlement, de mener sa vie professionnelle. Une fois les enfants élevés, elle se trouve un emploi de cuisinière dans un foyer social pour jeunes en rupture. Entre collègues, tout en préparant les repas, les discussions vont bon train : « On avait un trotskyste, un anarchiste, et moi, j’étais communiste, alors forcément ! »
Depuis ses cuisines, Geneviève rêve du métier d’éducatrice spécialisée, et s’en donne les moyens. Elle passe d’abord son bac général. Puis s’inscrit, à 43 ans, aux cours du soir, auxquels elle assiste après sa journée de travail et obtient son diplôme d’éducatrice spécialisée en 1994. « Je me suis toujours formée », explique-t-elle. Elle devient par la suite chef de service, se battant sans relâche pour obtenir plus de moyens, tout en faisant jusqu’à 70 heures par semaine.

«  Quand vous êtes aux prises avec de l’humain, avec ces enfants en souffrance, même si vous n’avez pas suffisamment de personnel, vous ne pouvez pas les abandonner… »

« Les gens osent enfin dire qu’ils sont pauvres ! »
En 2018, l’active retraitée voit apparaître le mouvement des Gilets jaunes… « La première fois que j’en ai entendu parler, comme ça parlait du prix de l’essence, j’ai été très méfiante. Mais j’ai quand même entendu le mot de “taxe”, or je sais qu’une taxe est un impôt injuste. » Elle décide donc, dès le lendemain, d’aller à la rencontre de ces manifestant·es. « Je les ai rejoints avec beaucoup d’humilité, en me taisant, pour écouter ce qu’ils avaient à dire. Je me suis ainsi rendu compte que leurs revendications, en fait, étaient les mêmes que les miennes. Ça faisait quarante-cinq ans que j’attendais que “les pauvres” osent dire qu’ils étaient pauvres, sans en avoir honte. La honte, elle doit être pour ceux qui rendent les gens pauvres ! Et là, enfin, les gens osaient le dire. Depuis, je n’ai plus cessé de travailler à la convergence des luttes. »
Dès qu’elle le peut, elle participe donc aux rassemblements de Gilets jaunes. Le samedi 23 mars, elle se gare à proximité de la place Garibaldi pour aller manifester. « Comme j’ai un tas de drapeaux sur la plage de ma voiture, j’en ai pris un au hasard, il m’est venu celui de la paix. Je me suis dit “très bien !” Je me sentais protégée par mon drapeau. » Peu avant midi, elle explique à un journaliste de CNews que personne n’a pu voir l’arrêté d’interdiction de manifester, que personne ne connaît donc exactement les lieux interdits, mais que, de toute façon, « le but est de se rassembler pacifiquement – voyez, j’ai le drapeau de la paix. On ne va pas aller agresser ni le président chinois ni le président français : on est là pour dire qu’on a le droit de manifester. » Peu de temps après, elle sera frappée par les forces « de l’ordre ». C’est à cette dame qu’un jeune énarque – accessoirement président de la République – a souhaité « un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse ». Réponse de sa fille : « S’il avait le quart de la sagesse de ma mère, le pays se porterait mieux. »

Nicolas Bérard
…………………………………………….

1 – Atteinte chez elle, à Marseille, par une grenade lacrymogène alors qu’elle voulait fermer ses volets pour se protéger des gaz, en marge d’une manifestation de Gilets jaunes, Zineb Redouane, 80 ans, est décédée des suites de ses blessures, le 1er décembre, à l’hôpital.
2 – Fédération des conseils de parents d’élèves.

Cet article Geneviève Legay, jusqu’à la victoire ! est apparu en premier sur Le site du journal L'age de faire.


Accéder à l'intégralité du contenu

{{syndication url="https://alternatiba.eu/feed/" nb="5" nb="5" title="Alternatiba" formatdate="jma" template="liste_description.tpl.html"}}
donne

Alternatiba

16.07.2019 - Alternatives Territoriales au Camp Climat !

Du 31 juillet au 11 août à Kingersheim aura lieu le Camp Climat. Il s'agira d'un moment structurant pour prendre le temps d’échanger, se former. Pour cette occasion l'équipe Alternatives Territoriales vous a donc préparer un super cursus !

Cet article Alternatives Territoriales au Camp Climat ! est apparu en premier sur Alternatiba.


02.07.2019 - Alternatives Territoriales : une équipe nationale, au service du local.

Initialement menée par Charlotte Izard pour le Réseau Action Climat et Rebecca Wangler pour Alternatiba / ANV-COP21,la campagne est aujourd’hui portée par une équipe de 7 personnes, qui réfléchissent toutes à la stratégie du projet et sa gestion quotidienne.

Cet article Alternatives Territoriales : une équipe nationale, au service du local. est apparu en premier sur Alternatiba.


02.07.2019 - Le kit pour les municipales 2020 est là !

Elus, que faites-vous pour le climat ? – Marseille, le 8 décembre 2018 Alternatives Territoriales sort son kit pour les municipales ! Vous voulez vous mobiliser sur votre territoire ? Vous voulez des élu·e·s qui ont un programme répondant à...

Cet article Le kit pour les municipales 2020 est là ! est apparu en premier sur Alternatiba.


21.06.2019 - Les 10 ans de Bizi!, comme si vous y étiez !

150 activistes se sont rendu·e·s dans un supermarché pour dénoncer le travail le dimanche ! L’organisation Bizi!, qui signifie “vivre” en basque, fêtait ses dix ans le week-end dernier : dix ans de lutte non-violente, dix ans de mobilisations, dix...

Cet article Les 10 ans de Bizi!, comme si vous y étiez ! est apparu en premier sur Alternatiba.


05.06.2019 - La mobilité : au coeur des mobilisations et des débats

Les vélos à pistes cyclables “auto-portées” du collectif Bizi! devant l’hôtel Okko sur le boulevard du BAB de Bayonne, où l’aménagement d’une piste cyclable est au cœur des revendications.  En 2019, le secteur du transport représente 19% des émissions des...

Cet article La mobilité : au coeur des mobilisations et des débats est apparu en premier sur Alternatiba.



{{syndication template="accordeon.tpl.html" url="http://www.lagedefaire-lejournal.fr/feed/, https://alternatiba.eu/feed/, http://www.amisdelaterre.org/spip.php?page=backend, https://france.attac.org/feed, http://ccfd-terresolidaire.org/spip.php?page=backend, http://emmaus-france.org/feed/" source="Age de Faire, Alternatiba, Amis de la terre, Attac, CCFD-Terre Solidaire, Emmaus France" title="La Totale" formatdate="jma" nouvellefenetre="1" nb="1"}}
donne :

La Totale

Le rapport Delevoye prétend « changer le système » pour redonner une crédibilité à l'avenir de la retraite, mais sans toucher à la cause profonde de cette perte de confiance : la dégradation des pensions provoquée par le blocage du financement public du système de retraite.

C'est le premier vice caché du rapport : vouloir limiter l'enveloppe globale du montant de ce financement à moins de 14 % du PIB, alors que le nombre des retraités est appelé à augmenter, ne peut que conduire à la paupérisation des retraités par rapport aux actifs.

C'est le sens des réformes entreprises depuis 1993, et c'est le sens caché de celle qui est annoncée : baisser la dépense publique consacrée aux retraites, et accroître l'appauvrissement des retraités.

De nombreux points clés de cette réforme (comme la valeur du point) ne sont pas précisés, de sorte qu'il est impossible de faire des simulations concrètes sur les futures pensions, ce qui permet au pouvoir d'essayer de désamorcer la contestation en allongeant à nouveau la période de « concertation ».

Le rapport Delevoye cherche à se parer de belles couleurs : une « réforme juste » qui n'oublie ni les précaires, ni les femmes, et prétend réduire les inégalités en améliorant le sort de 40 % des retraités les plus modestes, qui est vendue avec un slogan racoleur (« un euro cotisé donne les mêmes droits »), qui prétend apporter plus de lisibilité pour anticiper sa future pension…


L'hypocrisie est le second vice caché de ce rapport.

Comment prétendre que l'on va améliorer les pensions des jeunes qui galèrent de CDD en CDD si on prend en compte la totalité de leur carrière au lieu des 25 meilleures années ? Même question pour ceux et celles qui ont subi de nombreuses années de chômage, de précarité, de temps partiel ? De manière générale, comment prétendre que les pensions vont s'améliorer en prenant en compte la totalité de la carrière, au lieu des seules 25 meilleures années (pour le régime général) qui permettent d'éliminer les plus mauvaises ?
Comment peut-on avoir le toupet de dire que les femmes vont être bénéficiaires de cette réforme ?
Comment peut-on affirmer que les fonctionnaires vont compenser la suppression du calcul de leur pension sur leur traitement des six derniers mois par l'intégration des primes dans le traitement de référence quand on regarde les inégalités profondes de ces primes entre ministères, fonctions et collectivités territoriales ?

Comment peut-on dire que ce système est plus lisible alors qu'on ne garantit plus aucun taux de remplacement (le rapport entre la première pension et le dernier salaire), que le niveau de pension dépendra des variations de la valeur du point (dont la détermination reste la grande inconnue du rapport), de l'espérance de vie et de la conjoncture économique. Plus aucun repère pour le salarié qui voudrait bien savoir.

Comment prétendre que l'on ne touche pas à l'âge de la retraite (promesse du candidat Macron) alors qu'on invente un nouvel âge dit d'équilibre à 64 ans qui a précisément pour but de reculer l'âge effectif de départ en retraite ? Par un tour de passe-passe, cet âge est même maintenant nommé « âge du taux plein », ce qui veut faire croire à un progrès par rapport à aujourd'hui où il est de 67 ans, alors que dans ce système par points, il n'y a plus de notion de taux plein, puisqu'il n'y a plus de taux de remplacement garanti.

Comment peut-on oser recycler la vieille injonction à travailler plus longtemps quand d'une part il y a environ 6 millions de chômeurs toutes catégories confondues, et d'autre part quand, par exemple , parmi la génération née en 1964, à 59 ans, seule la moitié des salarié.es étaient encore en emploi, 21 % en retraite anticipée, 29 % sans emploi ni retraite (au chômage, en congé maladie, inactifs,…) ? Pour ces derniers, reporter l'âge de départ en retraite, c'est allonger une période de chômage, d'inactivité, d'invalidité…, et c'est développer la pauvreté qui concerne 1/3 d'entre eux. La minorité qui continue à travailler est celle qui a les meilleurs salaires, les meilleures conditions de travail : est-ce ainsi qu'on réduit les inégalités ?

Ce rapport repose sur un projet de société, disent ses défenseurs : cette fois le vice est assumé. La « retraite à la carte », résultat de choix individuels, est le substrat idéologique de cette réforme. L'individu est responsable de ses choix, donc du niveau de sa retraite. Le slogan « un euro cotisé… » n'est pas inspiré par la valeur d'égalité : c'est la consécration de la retraite au mérite : la cotisation est pour soi et pas pour les autres.

Quant à la solidarité, le rapport prétend annoncer une bonne nouvelle : des points seront distribués pour compenser les inégalités subies par les femmes, les chômeurs... Il feint d'ignorer que ces mécanismes existent déjà dans le système actuel ! Notamment, il affiche des « majorations de points attribuées dès le premier enfant » comme s'il n'y en avait pas aujourd'hui. Il n'oublie pas non plus de raboter l'un des mécanismes, la réversion, dont 90 % des bénéficiaires sont des femmes.

En tenant compte de toute la carrière, le système à points introduit plus d'inégalités, il faudrait donc plus de solidarité, mais le rapport veut limiter son volume à sa valeur actuelle (20% du montant des retraites) : au total les inégalités ne peuvent que croître.

Plus inquiétant encore, le financement de ces points de solidarité ne proviendra plus du système de retraite mais sera externalisé sur l'impôt, d'où une plus grande exposition aux aléas budgétaires. La solidarité rejetée aux marges n'est plus la valeur centrale du système d'assurance sociale. En revanche, la solidarité est parfaitement possible si on s'attaque au chômage, à la précarité, aux inégalités entre hommes et femmes sur le marché du travail, à l'exonération des cotisations patronales et si on accompagne l'augmentation prévue du nombre de retraités par une hausse modérée des cotisations vieillesse, soit en augmentant le taux de 0,2 point par an d'ici 2050, soit en élargissant l'assiette des cotisations aux profits distribués. Car les retraites posent la question de la répartition de la richesse produite entre travail et capital, et cela d'autant plus qu'il faut envisager l'arrêt de la course au productivisme.


Accéder à l'intégralité du contenu

Montreuil, le jeudi 18 juillet 2019 – Les dernières semaines ont été rythmées par les annonces de plusieurs banques françaises sur le secteur du charbon. Aux politiques de Crédit Agricole, de La Banque Postale Asset Management et de Natixis, succède aujourd'hui celle moins disante de Société Générale. Ces engagements volontaires à géométrie variable, autant que l'absence d'engagement de certaines comme BNP Paribas, marquent une occasion manquée pour ces banques et un test échoué pour le gouvernement. Les Amis de la Terre rappellent l'Etat à sa responsabilité de régulateur, indispensable pour encadrer les impacts de la finance privée sur le climat et assurer une sortie des énergies fossiles alignée avec l'Accord de Paris.

Après s'être déclaré prêt en novembre 2018 à contraindre les acteurs financiers privés à cesser de soutenir le charbon [1], Bruno Le Maire a finalement pris le parti de l'autorégulation. Le 2 juillet, le ministère de l'Economie et des Finances et la place financière de Paris ont appelé les banques françaises à se doter de stratégies charbon assorties d'un calendrier global de sortie du secteur [2]. Deux semaines à peine après cette nouvelle déclaration du gouvernement, les limites de la politique de Société Générale publiée aujourd'hui [3] démontrent déjà l'échec de l'approche retenue par Bercy et la nécessité d'une régulation publique de la finance privée.

Lorette Philippot, chargée de campagne Finance privée aux Amis de la Terre France, explique : « Contrairement à ce qu'aimerait nous faire croire le gouvernement, rien n'oblige les acteurs financiers privés à se doter de stratégies de sortie du charbon cohérentes, garantissant le respect de l'Accord de Paris. Société Générale en fait la démonstration. Si elle se fixe un cap de sortie du charbon d'ici 2030 dans les pays de l'UE et l'OCDE et d'ici 2040 dans reste le monde, les mesures concrètes inscrites à sa politique ne garantissent à ce jour pas la tenue de cet objectif. Le seul fait qu'elles ne permettent pas l'exclusion claire de RWE en dit long sur ses insuffisances : garder dans son portefeuille le premier producteur de lignite du monde et le premier pollueur d'Europe n'est certainement pas compatible avec l'Accord de Paris sur le climat ».

Alors que Crédit Agricole [4], La Banque Postale AM [5] et Natixis [6] ont acté la fin immédiate de leurs soutiens aux entreprises dont l'activité repose à plus de 25% sur le charbon, Société Générale se contente d'un seuil de 50% aujourd'hui et de 30% pour 2025 [7]. Elle pourra également continuer à soutenir des entreprises qui ne possèdent pas de plan de sortie du secteur, ou qui décident d'en sortir en vendant leurs actifs au lieu d'en assumer la fermeture. Finalement, Société Générale n'exclut pas les entreprises qui bien que "diversifiées" [8] continuent à se développer dans le secteur du charbon. Elle reste ainsi derrière ses concurrentes, aux côtés de BNP Paribas, qui n'a à ce jour pas donné signe de vouloir relever ses ambitions sur le secteur du charbon.

« Le besoin de régulation publique des soutiens financiers privés au charbon est criant, mais ne sera pas suffisant. Derrière leurs beaux discours et déclarations d'intention, les banques françaises n'ont pas infléchi leurs financements aux énergies fossiles : on parle de 124 milliards d'euros au cours des trois années qui ont succédé la COP21 [9]. S'il souhaite être un tant soit peu à la hauteur de son mandat de “leader de la finance climat”, le gouvernement français sait ce qu'il lui reste à faire : encadrer les activités des acteurs financiers privés dans les secteurs du charbon, mais aussi du pétrole et du gaz », conclut Lorette Philippot.


[1] www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/charbon-le-maire-enjoint-aux-banques-de-cesser-de-financer-mines-et-centrales-798806.html

[2] https://minefi.hosting.augure.com/Augure_Minefi/r/ContenuEnLigne/Download?id=64AC3C5F-85CA-409C-8E9E-89AD5619B709&filename=1313%20-%20Une%20nouvelle%20%C3%A9tape%20pour%20verdir%20le%20syst%C3%A8me%20financier.pdf https://www.ffa-assurance.fr/sites/default/files/files/2019/07/declaration_de_la_place_financiere_de_paris_finance_verte_20190702.pdf

[3] https://www.societegenerale.com/sites/default/files/documents/Document%20RSE/politiques_sectorielles/politique-sectorielle-charbon-thermique.pdf

[4] www.amisdelaterre.org/Sortie-du-charbon-Credit-Agricole-montre-la-voie-les-autres-banques-a-la-traine.html Crédit Agricole a pour sa part adopté un calendrier de sortie du charbon d'ici 2030 dans les pays de l'UE et de l'OCDE, d'ici 2040 en Chine, et d'ici 2050 dans le reste du monde. La différence d'une décennie avec Société Générale démontre une fois encore le risque de laisser la direction prise entre les seules mains des acteurs financiers privés et la nécessité d'une régulation par la puissance publique.

[5] https://www.amisdelaterre.org/Sortie-du-charbon-La-Banque-Postale-Asset-Management-emboite-le-pas-a-Credit.html

[6] www.natixis.com/natixis/jcms/lpaz5_8537/fr/integrer-les-risques-environnementaux-et-sociaux-dans-nos-metiers

[7] Le seuil d'exclusion de 50% adopté par Société Générale pour ses clients énergéticiens est adossé à la part du charbon dans leurs capacités de production d'électricité installées, et non dans leur production d'électricité réelle. C'est le choix de ce critère qui permet notamment à la banque de ne pas exclure l'énergéticien allemand RWE, dont 54% de la production d'électricité repose sur le charbon, pour seulement 41,9% de ses capacités installées.

[8] Société Générale appelle "diversifiées" les entreprises dont moins de 30% du chiffre d'affaires repose sur le charbon, ou les énergéticiens dont moins de 30% du mix énergétique repose sur le charbon.

[9] www.amisdelaterre.org/Rapport-international-depuis-la-COP21-les-banques-continuent-de-financer-le.html


Accéder à l'intégralité du contenu

Réunis ces deux derniers jours à Chantilly, les ministres des Finances du G7 se sont prononcés en faveur de l'instauration d'un taux minimum effectif sur les sociétés, et d'une réallocation des droits d'imposition sur les activités numériques, éléments devant être reversé dans les négociations menées à l'OCDE.

Pour le CCFD-Terre Solidaire, le chemin reste entier pour une véritable réforme du système fiscal, qui bénéficierait à tous les Etats du monde.

Lison Rehbinder, Chargée de plaidoyer Financement du développement au CCFD-Terre Solidaire, réagit à ces annonces :

• « Il est urgent de réformer le système fiscal, alors que les multinationales transfèrent 40% de leurs bénéfices vers les paradis fiscaux. L'instauration d'un taux minimum d'imposition est une mesure intéressante, mais ne constitue pas la pierre angulaire d'un système fiscal à la hauteur des enjeux actuel. Cela risque, selon les modalités choisies, de n'avantager que les pays développés et d'accentuer la course au moins disant fiscal si le taux choisi à terme est trop bas » .

• « Les travaux nécessaires sur la taxation des activités numériques ne doivent pas être une nouvelle esquive d'une réforme fondamentale d'un système fiscal obsolète et injuste. C'est la façon d'imposer les multinationales dans leur globalité qui doit être la priorité pour imposer les bénéfices des entreprises là où ils ont été effectivement générés ! »

• « Il est une nouvelle fois interpellant de voir un petit nombre de pays riches définir des règles qui concernent le monde entier. Plus de 130 pays émergents et en développement demandent depuis longtemps la création d'un organisme à l'ONU sur les questions fiscales, où tous les Etats peuvent négocier sur un vrai pied d'égalité. Il est temps que les pays les plus riches sortent de leur logique de clubs fermés et cessent de bloquer sa création. »

Pour plus d'informations, consulter notre analyse sur les enjeux de la réforme fiscale internationale

Contact Presse :
Sophie Rebours – s.rebours@ccfd-terresolidaire.org – 01 44 82 80 64 – 07 61 37 38 65


Accéder à l'intégralité du contenu

Du 31 juillet au 11 août à Kingersheim aura lieu le Camp Climat. Il s'agira d'un moment structurant pour prendre le temps d’échanger, se former. Pour cette occasion l'équipe Alternatives Territoriales vous a donc préparer un super cursus !

Cet article Alternatives Territoriales au Camp Climat ! est apparu en premier sur Alternatiba.


Accéder à l'intégralité du contenu
Quarante associations dont Emmaüs France s’opposent dans une lettre ouverte au projet du gouvernement de renforcer l’échange d’informations entre la plate-forme d’urgence pour les sans-abri (115) et l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII).…
Accéder à l'intégralité du contenu

L’oasis source de vie, chez Madani, est une petite ferme auberge agricole qui accueille « comme en famille » les woofers, les voyageurs et les touristes, qui veulent découvrir le désert et les cultures nomades.

Une légère brise apporte la tiédeur du sable chaud. Sur la véranda recouverte de canisses et de feuilles de palmiers, Antoine écosse les petits pois achetés au marché. Le jeune homme, qui partage son temps entre la Bretagne et l’Auvergne, vient de faire dix jours de woofing chez Madani, à L’oasis source de vie, au sud du Maroc, près du village de M’Hamid. Antoine avait pianoté sur internet et quand il a eu Madani, sur WhatsApp, celui-ci lui a dit : « Viens, on accueille tout le monde. » Le thé est presque prêt. Hassane, qui travaille ici pendant la période touristique, de septembre à avril, ventile le charbon de bois. Un portable diffuse la voix de la chanteuse malienne Oumou Sangaré.
Dès son arrivée, Antoine a manié la bêche. « Il y avait eu, la veille, une tempête de sable. J’ai refait les canaux d’irrigation. Il faut surveiller, et à cause de l’eau sur le sable, refaire plusieurs fois par jour les bordures. » Nous sommes en mars, et en cette période où les arbres sont en fleurs, il faut arroser toute la journée avec l’eau du puits. Une bonne odeur venue de la cuisine vient chatouiller les narines. « Le premier jour, je me disais : “Quand est-ce qu’on mange” », avoue Antoine. J’ai besoin de manger. Le deuxième jour, quand j’ai vu que Halid commençait à préparer le repas, je me suis dit : “O.K.” » Ici, on mange quand c’est prêt, plutôt en début d’après-midi et tard dans la soirée. Se doucher avec un seau d’eau, aller chercher l’eau potable dans des bidons au village : Antoine, qui confie « être un peu maniaque chez lui », s’est habitué à « sortir de sa zone de confort » et à se passer « de tout ce qui est superficiel ». Il apprécie cette vie à l’oasis : « Tout est plus simple, familial, les gens se font des câlins. »

« On apprend à changer les choses dans les têtes »

Chaque personne a envie de donner, constate Anna, une étudiante allemande, qui, cette année, a séjourné chez Madani en touriste, après avoir fait du woofing l’année dernière. Cette oasis « réveille les idées ». Sur un morceau de bois accroché au tronc d’un palmier, elle a écrit que ce lieu est « un cœur immense » en allemand et en arabe.

C’est un lieu pour la fantaisie et l’utopie, dans une réalité dure. À Leipzig, on apprend le soutenable dans la ville, mais ici on échange, on fait des rencontres, et on apprend à changer les choses dans les têtes.

Avec Michelle, qui, comme elle, étudie l’anthropologie, elle a réalisé une vidéo sur le circuit de l’eau dans l’oasis, « pour montrer ce qu’il est possible de faire. J’aimerais aller en Jordanie – je parle arabe – pour faire découvrir ce qui se fait ici. »
Madani, entouré de celles et ceux qui se sont engagé·es à ses côtés, est arrivé petit à petit à faire reverdir cette oasis, privée d’eau suite à la construction d’un barrage hydroélectrique sur le Drâa. Il a créé une petite ferme aux portes du désert, accueillant des poules, des pigeons, une femelle dromadaire, un âne et bientôt des chèvres. Là où il n’y avait que le sable et quelques palmiers assoiffés, on trouve, au bout de dix ans, de beaux arbres, comme les eucalyptus, les tamaris, les oliviers, les grenadiers, qui apportent déjà leur fraîcheur et procureront bientôt de l’ombre aux cultures maraîchères. Madani arrose ses plantations avec une eau saumâtre puisée dans la nappe phréatique, en partie désalinisée grâce à divers systèmes qu’il expérimente (lire p. 12 et 13). Avec très peu d’outils et en utilisant les matériaux locaux – terre, canisse, tamaris, palmiers – il a construit un lieu qui peut héberger, dans de jolies maisons en terre, une quarantaine de personnes et même plus, en comptant les tentes sahraouies.

« On est des touristes et en même temps,on a une place »

Au pied d’une grande terrasse qui s’ouvre sur le désert de sable, Driss, un ami venu donner un coup de main, mélange de l’argile, de l’eau et du sable dans un seau, pour passer une couche de finition sur le mur de soubassement en briques de terre. Cette terrasse est chère à Madani : il l’a conçue pour qu’on puisse voir à tout moment le contraste entre l’ancienne palmeraie, qui se meurt par manque d’eau, et la verte oasis, arrosée et protégée du vent de sable, bien à l’abri, dans ses murs d’enceinte en terre. Lamine, compagnon de travail de Madani depuis plusieurs années, traverse l’oasis par l’allée centrale qui dessert de chaque côté les carrés de culture. Rien ne lui échappe. Une rigole affaissée à reconstruire, des tapis d’extérieur à arranger : il est là, toujours souriant, efficace et silencieux. Un vent léger fait bruisser les feuilles de palmiers. Tout est calme. On n’entend que le bruit de l’eau qui sort de la pompe et remplit les canaux d’irrigation. À l’heure la plus chaude de la journée, les voyageurs, les woofers et les jeunes espagnols, venus participer à un stage de permaculture, ont rejoint leurs petites maisons en terre, naturellement climatisées. Ni trop chaudes, ni trop fraîches, équipées de grands tapis marocains, elles offrent un refuge confortable pour la sieste.
Bernadette connaît bien l’oasis. C’est son deuxième voyage. Très vite, elle a été touchée par ce lieu différent des autres.

Madani laisse la place aux gens. Il permet d’expérimenter. Il a ça en lui. C’est naturel. Il est toujours partant. “On va essayer”, dit-il souvent. Il est dans l’expérimental, au niveau culturel et relationnel. Il a l’intuition que quelque chose va être possible. Ça permet de se retrouver face à soi-même. On est des touristes et en même temps on a une place. Ici, on ne répond pas à toutes nos exigences ou à tous nos besoins. On peut participer, donc on trouve sa place. Ou pas. Car on est habitué à notre confort. Si Lamine répare le mur, j’irai l’aider.

Bernadette

« À tout moment je peux aider quelqu’un »

C’est comme ça que Laurence, une touriste, s’est emparée tout naturellement d’un pinceau pour transformer des fonds de bouteilles en plastique, incrustées dans le mur de la terrasse, en une magnifique frise multicolore. Quant à Lydia, délaissant son hamac, elle a parcouru l’oasis de long en large, caméra à la main, pour promouvoir sur les réseaux sociaux la permaculture mise en œuvre par Madani. Natacha, après sa marche de six jours dans le désert (lire p. 10 du journal), a eu beaucoup de plaisir à fabriquer des briques, en compagnie des jeunes stagiaires espagnols (lire p. 11 du journal).

Tous les jours, je découvre. La construction et la permaculture, je connais un peu, mais là j’apprends des trucs. Les ateliers, ça m’a remis dans le concret et le faire. Je commence à comprendre qu’à tout moment je peux participer, aider quelqu’un. Le premier jour, j’ai fait la cuisine pour rencontrer les gens. Je me suis sentie bien accueillie dans ce territoire où je suis un peu perdue et déconnectée de mes repères.

Natacha

Madani est toujours resté dans le cœur. À la différence des grandes agences, implantées au village de M’Hamid, qui proposent des bivouacs dans le désert, il n’est pas dans le business. Son souci principal, c’est que les gens soient accueillis comme dans une famille et se sentent en sécurité. Sa priorité, c’est l’humain.

se réjouit Marie, compagne de route de Madani depuis la pose de la première brique et la plantation de la première petite pousse.

Nicole Gellot

https://desert-permaculture-chezmadani.com

Cet article La renaissance d’une oasis est apparu en premier sur Le site du journal L'age de faire.


Accéder à l'intégralité du contenu