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Age de Faire

La firme Blablacar a le monopole sur le covoiturage. Ainsi, 15 millions de Français paient une « taxe » privée pour accéder à ce qui devrait être un service public. Des citoyens lancent une alternative : une plateforme coopérative qui met gratuitement en relation les covoitureurs.

Treize millions de personnes en France utilisent quotidiennement leur voiture pour aller travailler, parmi lesquelles 9 sur 10 ne transportent qu’elles-mêmes (1). Pour résoudre cette absurdité aux conséquences graves, le covoiturage apparaît comme une des solutions simples et faciles à mettre en œuvre.
En ces temps disruptifs, la collectivité compte sur les initiatives privées pour répondre à l’intérêt général. Avec les « investissements d’avenir », elle subventionne des entreprises pour s’implanter sur le « segment » du covoiturage courte distance. Ces entreprises sont parfois des multinationales, comme Blablacar, dont la valeur est estimée à 1,4 milliard d’euros (2).

« On est allé assez loin sur le covoiturage longue distance. On peut dire que c’est démocratisé. Maintenant, tout ce qui est domicile-travail et courte distance, ça reste une part du gâteau énorme »

explique Nicolas Brusson, l’actuel directeur général de Blablacar (3).

La « démocratisation » du covoiturage

On voit ce que donne la « démocratisation » du covoiturage à la sauce Blablacar : lever des fonds considérables de manière à proposer un service gratuit, le temps d’étouffer les concurrents, de les racheter s’ils sont trop coriaces, et d’obtenir ainsi le monopole. Ensuite, Blablacar a les mains libres pour imposer ses conditions aux utilisateurs : récupération des données personnelles, et surtout, paiement d’une commission dont le montant est, bien sûr, plus élevé que le service rendu : c’est le principe du capitalisme, il faut rémunérer le capital.
On voit mal Bill Gates faire du covoiturage : si ce mode de mobilité explose, c’est avant tout parce qu’il est le moins cher. On peut même avancer que parmi les 15 millions de Français inscrits sur Blablacar (4), beaucoup sont contraints de faire du covoiturage car ils n’ont pas, ou plus les moyens de faire autrement : supporter seuls les frais d’essence, acheter une voiture, prendre le train – parce qu’il est trop cher, ou que le service est défaillant. Un chiffre pour s’apercevoir de l’ampleur qu’a pris Blablacar : près de la moitié des 18-25 ans ont donné leur nom, leur âge, leur localisation et très souvent leur photo, leurs « centres d’intérêt » et leur numéro de compte à la plateforme (4).

Appel lancé à tous les covoit’

Conclusion : de riches investisseurs privés font de l’argent sur la paupérisation d’une partie croissante de la société, le tout avec l’assentiment des pouvoirs publics. Le covoiturage pourrait-il exister autrement ? Nicolas Raynaud pense que oui. En 2011, il a mis au point une plateforme gérée par une association : Covoiturage libre. Par leur travail bénévole, Nicolas et les autres ont construit en quelques semaines une véritable alternative à Blablacar. La mise en relation n’est même pas effectuée à prix coûtant, elle est gratuite. Tout repose sur le bénévolat et les dons des utilisateurs, qui permettent de payer le matériel et l’infrastructure informatique. Et ça a marché : la communauté a rapidement compté des dizaines de milliers de membres. Les bénévoles se sont accrochés pour gérer le succès…


« On change de statut et de nom, mais la philosophie reste la même : on considère que le covoiturage est un bien commun, que la plateforme doit appartenir à ceux qui s’en servent. »

Bastien Sibille est le dernier président de l’association Covoiturage libre. Le voilà désormais premier président de la coopérative Mobicoop, qui a repris l’activité de l’association en novembre.

« Ce statut permet aux utilisateurs de devenir, s’ils le souhaitent, associés de la coopérative. Avec cet argent, on pourra vraiment développer le site internet pour proposer un meilleur service, et ne plus compter uniquement sur le travail bénévole. »

Dans la continuité de l’association, la coopérative s’engage à « ne prendre aucune rémunération sur les trajets réalisés » et à « protéger les données des utilisateurs ». Les revenus seront tirés des dons, ainsi que de prestations aux collectivités et entreprises pour la mise en place et l’accompagnement de plateformes spécifiques. Pour éviter le piège d’un fonctionnement très hiérarchisé où « on demande aux associés de voter une fois par an pour l’équipe en place sans leur donner la possibilité de délibérer véritablement», Mobicoop fait la part belle dans ses statuts aux méthodes dites de « sociocratie », afin de faciliter l’implication des associés dans la vie quotidienne de la coopérative.
L’appel à souscription a été lancé début novembre (5). L’objectif de Mobicoop est de réunir au moins 20 000 coopérateurs dans ses assemblées générales et de collecter au moins 2 millions d’euros – la part vaut 100 euros. Pas de quoi s’implanter dans 22 pays, ou de racheter Ouibus (6)… Simplement permettre aux usagers de se réapproprier le covoiturage, et leur donner les moyens de ne pas dépendre de l’ogre Blablacar.

Fabien Ginisty
…………………………………………………

1 – D’après Eurostat.
2 – D’après Europe1.fr, en 2015.
3 – En novembre 2018 sur BFM Business
4 – D’après Blablacar.
5 – Pour covoiturer avec Mobicoop ou devenir coopérateur : https://www.mobicoop.fr/ 6 – Blablacar a racheté Ouibus à la SNCF en novembre pour « développer l’intermodalité ».

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Enseignant à Sciences Po, Fabrice Epelboin observe et étudie les réseaux sociaux depuis une quinzaine d’années. Selon lui, Facebook a exporté en France des composantes essentielles de la culture états-unienne, comme la liberté d’expression totale. C’est l’une des explications au mouvement des Gilets jaunes, qui échangent beaucoup sur ce réseau social.

L’âge de faire : Facebook (FB) occupe une place importante dans le « mouvement des Gilets jaunes ». Vous aviez déjà observé, en 2010, le rôle qu’avait joué ce réseau social dans la révolution tunisienne. Comment l’expliquez-vous ?

Fabrice Epelboin : FB est un peu l’équivalent de ce qu’a été Hollywood au XXe siècle, en terme de soft power américain. FB porte des concepts qui sont totalement liés à la démocratie américaine : concrètement, si vous montrez un sein, votre photo sera censurée, mais vous avez le droit de tenir des propos racistes. Les deux composantes essentielles sont, à mes yeux, la liberté d’expression (au sens américain du terme, c’est-à-dire le premier amendement qui donne une liberté d’expression absolue) et le communautarisme (qui est là-bas la base du contrat social). Ces deux composantes se sont exportées à travers le monde, avec des effets différents en fonction de l’histoire et de la culture locales. Et il se trouve que ça a eu une résonance particulièrement forte en Tunisie, car il y a dans ce pays une population très éduquée et une connexion qui était déjà très avancée. FB a offert à la population une liberté d’expression dont elle était totalement privée. Et ça a aussi amené de l’information dans un pays où les médias étaient extrêmement censurés. Dès la fin des années 2000, beaucoup de Tunisiens se sont inscrits sur FB, sous pseudonymes, et ils s’en sont emparés notamment pour faire circuler des informations auxquelles ils n’avaient pas accès autrement. Il y a eu une sorte de collusion entre les aspirations de la population tunisienne et ce colonialisme américain. Ça a donné un cadre complètement explosif, qui a fait péter le système.

FB serait donc réellement un outil de la démocratie ?
F.E. : Oublions le terme de démocratie, car on ne sait plus trop ce qu’il signifie. Disons que FB offre des agoras : il y a des prises de contacts, des échanges de contenus, des discussions qui, ensuite, vont pouvoir aller au-delà du groupe dans lequel ça se passe. Des Gilets jaunes, par exemple, ont pu se retrouver sur des groupes FB, puis sur des ronds-points, pour des apéritifs, et, maintenant, du lien social a été créé et n’est à mon avis pas près de disparaître.
Avec FB, tout d’un coup, les capacités de s’organiser, de s’exprimer librement et d’avoir un libre accès à l’information ont été offertes à tout le monde, partout sur la planète ou presque. Et on a assisté au Printemps arabe, qui s’est propagé dans tout le Moyen Orient, mais il y a aussi eu des événements en Asie, en Turquie, en Espagne, le mouvement Occupy Wall Street, etc. On vit, depuis, dans un monde qui est régulièrement secoué par ce type de mouvements, et les Gilets jaunes en font partie.

Quel genre de contrainte Facebook a-t-il permis de contourner en France ?
F.B. : Clairement : la liberté d’expression ! On a une contrainte légale et une contrainte médiatique. La contrainte légale va déjà exclure pas mal de monde de la liberté d’expression : loi Gayssot [qui réprime la contestation de l’existence des crimes contre l’humanité, Ndlr], loi contre l’homophobie, contre le sexisme, lois mémorielles… Il y a une quantité de lois qui régulent la liberté d’expression. C’est quelque chose de compliqué à regarder en face par des gens qui ne sont pas bridés par ces lois. Si vous n’êtes ni raciste, ni sexiste, ni antisémite, vous pouvez trouver ces lois très bien car vous n’avez absolument pas envie d’entendre toutes ces saloperies. Mais il faut se rendre compte que, de fait, il y a toute une population qui n’a pas le droit à la liberté d’expression.
Ensuite, il y a la capacité d’expression médiatique, c’est-à-dire la capacité, dans le système des médias dominants, de pouvoir projeter son opinion, et de pouvoir se sentir représenté. Or ces médias ont créé un phénomène d’exclusion. C’est ce qu’on a appelé, par exemple, le cordon sanitaire autour du FN qui a fait que Jean-Marie Le Pen a été exclu du champ médiatique, à la fin des années 90. Et puis ça a été le tour de ceux qui militaient pour le « non » au référendum européen en 2005. Puis celui de Dieudonné. Puis celui d’Étienne Chouard, qui est un anarchiste de gauche qu’on a accusé d’être un facho sous prétexte qu’il a cité une fois Soral. Et ainsi de suite, si bien qu’au final, ça commence à faire beaucoup de monde ! Et donc, tous ces gens se sont réfugiés sur le web pour exprimer et partager leurs idées.

Le mouvement des Gilets jaunes serait donc issu de toutes ces composantes ?
F.E. : En fait, il n’y a pas UN mouvement des Gilets jaunes, il y en a 300, qui trouvent chaque samedi une espèce de résonance collective, tous ensemble, dans les villes. Mais ces groupes peuvent être très différents les uns des autres, comme les individus qui les composent. Avec FB, chacun va piocher des idées à droite à gauche, au sens propre comme au sens figuré, et se faire sa petite idée. Les partis ne représentent plus rien ! Selon le dernier sondage Cevipof, il n’y a plus que 9 % des gens qui font confiance aux partis politiques, alors que les Français s’intéressent toujours autant à la politique qu’avant. Simplement, aujourd’hui, ils vont piocher les idées individuellement, de façon pas forcément cohérente, mais peu importe. Le grand débat que Macron est en train d’organiser, concrètement, ça fait dix ans qu’il a lieu sur FB ! Les monnaies locales, le référendum d’initiative citoyenne (RIC), le tirage au sort, le revenu universel… Tout ça fait partie du débat sur internet depuis dix ans ! Le problème, finalement, en tant que Français, c’est que le grand débat s’est expatrié sur FB, donc aux États-Unis, sous un autre cadre juridique.

L’arrivée de FB explique-t-elle également ce nouveau mode de mobilisation, sans chef, sans représentant, sans réelle organisation ?
F.E. : Les mouvements type « Gilets jaunes » représentent ce qu’a pu être le syndicalisme au XXe  siècle. La révolution industrielle avait bouleversé la société, provoqué la désertification des campagnes, l’apparition de la vie privée (qui était autrefois réservée aux privilégiés), et le passage d’un monde de paysans à un monde d’ouvriers. Au bout d’un moment, les prolétaires ont réalisé que l’union fait la force, et cette idée a abouti à la création de syndicats. On assiste, depuis une génération, à un mouvement comparable. On a une hyper-transparence de la vie publique, qui a fait s’effondrer la confiance dans à peu près tous les corps intermédiaires et les institutions (seules les mairies s’en sortent encore). Les organes du pouvoir, de structuration de la vie sociale, du dialogue social, etc., sont tous totalement discrédités. On sait depuis longtemps que les partis ne représentent plus personne, mais on fait semblant. Et là, ça nous pète à la gueule parce que, une nouvelle fois, les gens réalisent que l’union fait la force. Dès lors, il ne reste plus qu’à trouver des modalités d’action, et ils vont pouvoir se relancer dans une grande période de reconquête des droits.

Lors de la révolution tunisienne, vous aviez découvert que Ben Ali s’était livré à des tentatives d’ « astroturfing »(1) sur FB. L’État français pourrait-il faire de même avec les Gilets jaunes ?
F.E. : D’abord, il faut savoir que Ben Ali avait des connaissances extrêmement pointues dans le numérique. C’était un véritable geek, alors que nos dirigeants en sont très loin ! Ils ont tous des formations littéraires, para-littéraires ou juridiques. Et du coup, ils ne comprennent absolument rien à la technologie ! Sur 577 députés, il y en a peut-être 3 qui peuvent vous parler d’internet et d’intelligence artificielle ! Donc, si Ben Ali n’a pas réussi à calmer les révoltes sur FB dans son pays, qui était un véritable laboratoire mondial en matière de surveillance généralisée, il n’y a aucune chance pour que la France y parvienne.
Surtout que nous n’avons pratiquement pas développé de capacités techniques pour influencer les réseaux sociaux en France. Celles qu’on a développées, je les connais, elles ne sont pas d’un très haut niveau ! Et surtout, elles sont sur nos écrans radars. Donc le jour où elles se mettent à intervenir sur les Gilets jaunes, elles savent pertinemment que nous serons quelques-uns à le faire savoir !
Par ailleurs, le modèle économique de FB fait que l’entreprise ne fera jamais trop la police, elle a intérêt à préserver cette liberté d’expression. Or, au niveau du rapport de forces entre FB et l’État français, c’est plié ! La France s’est complètement vendue aux Américains sur le numérique : l’éducation nationale, c’est Microsoft, l’éducation populaire, c’est Google. L’État français pourrait, au pire, se livrer à un genre de petite guérilla, en censurant des profils ou en en supprimant. C’est tout.

Les Gilets jaunes peuvent donc continuer à utiliser FB sans danger ?
F.E. : Ça dépend ce qu’on appelle « sans danger ». Si vous êtes un des « leaders », avec de gros guillemets, et que vous allez sur FB, c’est clair que vous êtes la cible de toutes les agences de renseignement. Donc là vous êtes en situation de danger d’un point de vue numérique. Si vous êtes le Gilet jaune du coin de la rue, vous êtes sans doute catalogué aussi, parce qu’en France on fiche tout le monde, mais vous ne risquez pas grand-chose. À la limite, vous risqueriez plus en vous organisant sur des sites français. On l’a vu avec la cagnotte Leetchi, lancée pour aider le boxeur qui avait été filmé en train de taper sur des CRS. Si cette cagnotte avait été faite sur un site américain, elle n’aurait pas été retirée car elle aurait été protégée par la loi. La bêtise a été de le faire en souveraineté française, car Leetchi est domicilié en France, et donc ça a été retiré tout de suite.

Recueilli par Nicolas Bérard
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1 – L’« astroturfing » désigne des techniques de propagande manuelles ou algorithmiques utilisées à des fins publicitaires ou politiques ou encore dans les campagnes de relations publiques, qui ont pour but de donner une fausse impression d’un comportement spontané ou d’une opinion populaire sur Internet (Wikipédia).

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Un grand débat qui prend la forme médiatique d’un Président seul dans l’arène, qui a réponse à tout… pas très ambitieux pour ce qui fait le carburant de toute démocratie : le partage de la parole, l’échange d’idées.
Plus vivifiantes sont les discussions sur les ronds-points et dans la rue, les échanges d’idées sur les places des villages et des quartiers, les débats sur Facebook… Partons à la rencontre de celles et ceux qui se réapproprient leur voix.

Au sommaire du numéro 139 :

1 / Edito : Avec mes amis végans / Marseille : le carnaval de la plaine aura bien lieu
2 / Courrier et concombres
3 / Campagne d’abos : merci !
4 / Ethiopie : Awra Amba, un village autogéré / Entretien : Ehs : « On demande qu’on nous laisse vivre quelque part »
5 / Film : J’veux du soleil / Festival du film vert
12 /13 / La carte de la presse « pas pareille »
14 /15 / Actu Méga-mine en Guyane : des éléments d’optimisme /
Loi anticasseurs : la dérive arbitraire / Interdiction de la pêche électrique
16 / 17 / Lorgnettes : Trois idées reçues sur les énergies renouvelables / Tout est bon… sauf les nitrites.
18 / L’atelier au jardin, rubrique à bec, La pause Qi Gong, jouons z’un brin
20 /21 Fiches pratiques : Sophro pour ados / Un p’tit ménage détox

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En Ille-et-Vilaine, une passionnée d’animaux et sa famille partagent leur maison et leur jardin avec quelques 80 rescapés de la ferme, à plumes et à poils. Chiens, chats, truie, boucs, chèvres, lapins, volailles, ponette et âne se refont une santé avant de trouver une famille d’adoption.

Dans le jardin, l’herbe a été remplacée par la boue. Les tempêtes de l’hiver ont fragilisé les enclos ; des arbres sont tombés sur des animaux. La pluie, combinée aux allées et venues des bêtes, empêche l’herbe de repousser. Dans ce décor en reconstruction, je fais la connaissance de Claude, un magnifique dindon reproducteur qui devait être mangé à Noël. Il se pavane parmi les boucs qui nous suivent et béguètent, à la recherche de caresses.
Après quelques minutes à observer les immenses coqs de combat et à faire le tour des enclos, je m’interroge : Stella m’a parlé d’une truie, mais je ne la vois pas. Alors que je lui pose la question, elle m’amène au milieu du jardin et me dit : « Écoute ! » Lorsqu’on se concentre, le bruit de fond disparaît. J’entends un ronflement, très fort et régulier, je me baisse et, à quelques mètres, j’aperçois Peggy, en pleine sieste sous un abri. Je me mets à rire, Stella aussi. « Souvent, Claude dort collé à elle, je ne sais pas comment il fait. »

« Ce qu’ils vivent, je l’ai vécu »

Lorsqu’on pénètre dans la maison par sa petite porte, les boucs tentent d’entrer avec nous. Ils finissent par pénétrer dans le couloir, toquent à la porte qui donne sur le salon… Stella les raccompagne. Au fond du salon, une grande cage abrite deux tourterelles.

On me les a amenées, car elles n’avaient « pas une belle couleur ». Au début j’ai refusé, ce n’est pas une raison pour abandonner un animal. Mais ils m’ont dit : « Le chat va se régaler », alors je les ai prises.

Chez Stella, aucun animal n’est laissé à l’abandon. Même si, à la base, le refuge accueille uniquement les animaux de ferme, cinq chiens, dont trois à l’adoption, et neuf chats déambulent entre la maison et le jardin.
Un peu avant 10 heures, Stella explique à un groupe d’adolescents ce qu’ils vont faire ce matin. Tous les jeudis, pendant 1h30, ces jeunes « cassés par la vie », pris en charge dans un Itep (Institut thérapeutique éducatif et pédagogique), participent à la vie du refuge.

Pour soigner des troubles comportementaux,  les animaux sont la meilleure thérapie, car ils ne font pas de réflexions, ils ne répondent pas.

Stella

Stella n’a pas eu une jeunesse facile : elle a vécu en famille d’accueil, puis à la rue, et a sombré dans la délinquance avant d’être intégrée dans un foyer pour adolescents. « Ce qu’ils vivent, je l’ai vécu. Je ne les oblige à rien, je fais en sorte qu’ils prennent des initiatives, pour qu’ils reprennent confiance en eux et en les autres. » Avec eux, Stella monte des projets. Ils ont, par exemple, construit un bac à cendres pour que les oies puissent se gratter. « Ce qui est super, c’est que les oies s’en sont tout de suite servi ! Ils prennent conscience qu’avec pas grand-chose, on peut faire beaucoup. »
« Stella prépare toujours notre venue, on sait tout de suite où on se lance, elle fait le programme », explique Nadège, éducatrice à l’Itep. Après avoir enfilé leurs bottes de pluie, certains adolescents s’occupent de changer les cages des lapins et cochons dindes et de leur donner à manger, pendant que les autres construisent une cabane pour les poules. Dans la pièce, tout en longueur, qui abrite les rongeurs, Stella présente Louis, un cochon d’Inde, qu’Enzo, 11 ans, tient contre sa poitrine. « Tu vois, on m’a donné Louis car il ne s’entendait pas avec les enfants. » « Lui, là ?! s’exclame Enzo. Mais regarde, je lui fais un bisou sur le nez ! »

Au refuge, chaque animal est un membre de la famille, et il est hors de question de se servir d’eux. La ponette n’est pas montée ; les œufs des poules sont donnés à des familles dans le besoin. L’adoption des animaux est très contrôlée par Stella et les bénévoles, qui souhaitent connaître les futures familles des pensionnaires. Ainsi, avant toute adoption, une rencontre au refuge est organisée. Ensuite, a lieu une visite chez la personne.

On fait un contrat famille d’accueil pour une période de 15 jours. Si ça ne va pas, la personne le ramène au refuge, et sinon, un bénévole vient contrôler par surprise, voir comment va l’animal.

Si tout se passe bien, Stella fait le changement de propriétaire, et délivre le carnet de santé. Cette proximité avec les adoptants, elle y tient énormément. « C’est un petit refuge, on veut qu’il reste familial, c’est important. » Elle travaille avec l’aide de quelques bénévoles, et quatre familles d’accueil pour chiens, chats et animaux très peu adoptables. Les autres vivent au refuge et, « si les animaux ne sont pas adoptés, on ne s’en débarrasse pas ». Certains animaux ne sont pas mis à l’adoption, car Stella juge « trop risqué » de placer un lapin viande ou une poule non pondeuse…
Pour faire vivre le refuge, Stella peut compter sur le soutien de son conjoint, maçon de profession, ainsi que sur des dons de nourriture par de grandes enseignes. Pour le foin, un ancien agriculteur du coin leur fait un prix très attractif. « Ils nous donnent, car ils ont vu le travail que l’on fournit au refuge. »
Stella refuse de se faire payer pour aider les animaux. Lorsque quelqu’un lui en laisse en pension, elle ne demande rien, et les propriétaires lui donnent du matériel. Le refuge fonctionne beaucoup sur le principe du troc et de la récupération. « C’est un mode de vie, on a fait le choix d’être le plus naturel possible, humainement et matériellement. » Malgré tout, elle déplore un manque de moyens financiers qui l’empêche de sécuriser les enclos des canards, et de reconstruire la cabane et le parc détruits par les tempêtes.

Renards, chasseurs, vegans…

S’occuper du refuge est un métier à plein temps, et Stella reconnaît que ce n’est pas facile tous les jours. Entre le jardin, les cages des lapins, la page facebook, le téléphone et sa fille Valériane, 5 ans, les journées de Stella sont bien remplies. Durant ma visite, elle reçoit un appel pour une possible adoption, et énormément de messages concernant la prise en charge de nouveaux animaux : « C’est une zone difficile, il y a beaucoup de maltraitance. »
La petite famille ne peut plus partir en vacances, et la nuit, elle est parfois réveillée par des cris.

Une nuit, un renard est entré, il a tué une poule que je venais de remettre dehors après avoir soigné sa patte cassée. Je l’ai vécu comme un énorme échec.

Mais la venue du renard est un phénomène naturel, elle le conçoit et l’accepte. Ce qu’elle n’accepte pas, ce sont les tentatives d’intimidation de chasseurs, qui ont plusieurs fois tenté d’entrer dans le refuge. Après quelques altercations avec eux, Stella a dû investir dans plusieurs caméras. D’un extrême à un autre, le « refuge de Valou et ses plumes » s’est aussi attiré les foudres de vegans pour qui les animaux doivent être laissés libres. « Je récupère des animaux blessés, traumatisés, si je les laisse libres, ils meurent. J’étais estomaquée par leur discours », s’étonne Stella.

Muriel Le Loarer
………………………………………………………

  • Le refuge de Valou et ses plumes, 2, Le Chesnay, 35610 Pleine-Fougères – 07 87 52 23 27 –
  • Facebook : Refuge Valou et ses plumes

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L’Atelier soudé, à Villeurbanne, aide tout un chacun à réparer ses appareils électriques et électroniques. Les permanences ne désemplissent pas, mais faute de subventions pérennes, l’association cherche son modèle économique.

Hocine inspecte rapidement la plaque de cuisson électrique défectueuse.

C’est sûrement la cosse qui a surchauffé. On va la remplacer. Vous voyez ces deux fils rouges ? explique-t-il à Lola, la propriétaire. Il faut que vous les dénudiez sans les fragiliser.

Dans le garage converti en atelier, d’autres binômes sont eux aussi affairés. Ici, on scrute l’intérieur d’une télévision pour déceler un faux contact ; là, on change un écran d’ordinateur portable ; on chauffe l’intérieur d’un smartphone avec un décapeur thermique (une sorte de sèche-cheveux surpuissant) pour décoller les éléments ; on démonte des prises de lampe ; on teste un moteur de four micro-ondes… Le garage du 1, rue du Luizet, à Villeurbanne, est plein. Il fallait réserver, comme souvent, pour venir à la permanence de l’Atelier soudé.

Succès inédit en France

L’idée n’est pas nouvelle : Clément Poudret et Baptiste Nominé, qui ont créé l’association en 2015, ont repris le principe des ateliers de co-réparation électrique et électronique connus sous l’anglicisme de « repair cafés ». Mais malgré la médiatisation du mouvement et la demande de la population, le secteur de la co-réparation électronique n’a jamais vraiment décollé, contrairement à la co-réparation de vélos par exemple, qui a aujourd’hui fait son nid dans toutes les métropoles. Comment expliquer un tel décalage ? « Le modèle économique, tout simplement, explique Clément. Dans les ateliers vélos, vous avez des permanents qui assurent une visibilité et une régularité à l’activité, alors que les repair cafés, essentiellement bénévoles, sans lieu stable, restent souvent invisibles pour le grand public. » Dès 2015, Clément et Baptiste sont partis avec l’idée de créer leur emploi grâce à l’Atelier soudé. Et de proposer une offre de co-réparation électronique pérenne pour l’agglomération lyonnaise. Aujourd’hui, les deux emplois à temps plein de l’association ne comptent pas leurs heures pour assurer trois, voire cinq permanences par semaine, concevoir des outils de sensibilisation à l’obsolescence programmée, assurer le suivi des appareils réparés… En 2017, environ 1 300 personnes ont été accueillies dans les permanences affichant généralement complet, et les créneaux supplémentaires ouverts en 2018 connaissent le même sort. Parmi les autres ingrédients du succès de l’association, on trouve les subventions, les adhésions des participants, ainsi que l’engagement de bénévoles actifs – une quarantaine aujourd’hui.

La manne des éco-contributions

Passionnés de bidouille, les bénévoles actifs viennent aider les participants à comprendre pourquoi les appareils sont en panne et comment les réparer… ou pas. « On s’est planté. Ça venait pas de la cosse. C’est carrément la résistance de chauffe qui est cramée », admet Hocine. Lola s’aperçoit par ailleurs que la seconde plaque de cuisson de son appareil ne fonctionne plus. « C’est pas l’Amérique… », songe Hocine, sourcils froncés. Ce dernier a longtemps été technicien électronique dans un service après-vente. « La priorité, c’était le résultat et la productivité maximale. Ici, c’est une autre ambiance ! » S’il vient régulièrement, « c’est pour le petit défi de résoudre les problèmes, mais c’est surtout pour l’échange ». À ses côtés, Lola garde le silence. D’un œil désabusé, elle regarde le spécialiste démonter sa deuxième plaque de cuisson.

Aujourd’hui, toutes les taxes et éco-contributions sont destinées au traitement des déchets. Or, des associations comme la nôtre évitent leur production. Il serait donc logique que nous bénéficions de ce financement.

Clément

Pour l’heure, malgré son succès fulgurant -et inédit en France, l’Atelier soudé compose au présent, et cherche un modèle économique qui ne dépendrait pas des subventions, de plus en plus rares.
La permanence de l’Atelier touche à sa fin. Lola repart avec le sourire : elle a vu comment fonctionnait son appareil, et Hocine a réussi à réparer la seconde plaque.

Comme ça, je peux attendre un peu avant d’en trouver une autre d’occasion. La surconsommation, je crois qu’on en a un peu tous ras-le-bol.

Hocine

Fabien Ginisty

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Alternatiba

16.03.2019 - Marche du Siècle : rendez-vous réussi avec l’Histoire !

Crédit photo : Guénolé Le Gal Ce samedi, plus de 350 000 personnes dans 220 villes de France se sont rassemblées pour dénoncer l’inaction du gouvernement français face à la crise climatique et son cynisme vis-à-vis de la crise sociale....

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15.03.2019 - Grève mondiale pour le climat du 15 mars : la jeunesse gronde

La mobilisation a réuni plus 50 000 personnes à Paris – Crédit photo : Hugo Pereira En août 2018, la jeune Suédoise Greta Thunberg débutait seule sa grève de l’école et protestait chaque vendredi devant le Parlement de son pays....

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09.03.2019 - Blocage réussi avec les gilets jaunes à Paris pour dénoncer l’inaction du gouvernement en matière de climat et d’urgence sociale

Photo : Basile Mesre-Barjon Ce samedi matin, des membres Alternatiba, Action Non-Violente COP21 (ANV-COP21) et des Gilets Jaunes se sont rassemblés, au pied de la Tour Eiffel, pour bloquer le pont d’Iéna. Cette action non-violente entendait dénoncer l’inaction du gouvernement face...

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08.03.2019 - Introduction à l’écoféminisme

Copyright : Whooli Chen Les liens entre le dérèglement climatique et les femmes sont souvent ignorés ou inconnus. Pourtant, le mouvement climat dans son ensemble doit tenir compte de la spécificité des liens entre écologie et féminisme. En cette journée...

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08.03.2019 - 9 mars : Alternatiba et ANV-COP21 en soutien au sit-in non-violent des Gilets jaunes

Crédit – Sergio Di Photo – Toulouse le 23 février Samedi 9 mars Alternatiba et Action Non-Violente COP21 (ANV-COP21) appellent à participer à l’action non-violente de sit-in des Gilets Jaunes ayant vocation à bloquer un axe emblématique de la capitale....

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donne :

La Totale

Les centaines de milliers de jeunes et de moins jeunes mobilisés ces 15 et 16 mars pour dénoncer l'inaction des pouvoirs publics en matière climatique placent Emmanuel Macron et son gouvernement face à leurs responsabilités : vont-ils continuer à se défausser de leur responsabilité en l'imputant sur chacun·e d'entre nous plutôt qu'accélérer une véritable transition écologique et sociale ?

Il y a des dates et des mobilisations citoyennes qui marquent une génération. La grève scolaire mondiale pour le climat du vendredi 15 mars en est une. Les chiffres frappent les esprits : plus d'un million de jeunes mobilisés aux quatre coins de la planète, dont 160 000 en France, font de cette journée la plus grande mobilisation internationale pour le climat jamais organisée. Qu'au lendemain de cette journée historique, 350 000 manifestante.s aient à nouveau manifesté dans 220 villes du pays pour un « printemps climatique et social » indiquent qu'un mouvement citoyen d'ampleur est en train de s'enraciner dans la durée et sur tout le territoire.

Un saut quantitatif – les manifestations climat de l'automne avaient regroupé environ 150 000 personnes – qui s'accompagne également d'un saut qualitatif notable : au fil des manifestations et de l'absence de réponse des pouvoirs publics, les discours se font à la fois plus précis et plus exigeants. Aux revendications en matière d'urgence climatique se mêlent désormais des revendications rodées et largement partagées en matière de justice sociale et fiscale. Ainsi qu'un discours plus affirmé sur le rejet du racisme, des violences policières et de la nécessaire démocratisation de nos institutions et pratiques politiques. De quoi permettre une alliance durable et féconde entre gilets jaunes, mouvement climat et marche des solidarités ?

Make Our BlaBla Great Again

Depuis cet automne, Emmanuel Macron et son gouvernement cherchent à amadouer ces nouveaux manifestants pour le climat, en court-circuitant les ONG et associations mobilisées depuis des années. Emmanuel Macron n'est-il pas celui qui s'est opposé à Donald Trump lorsqu'il décida de retirer les États-Unis de l'Accord de Paris ? L'Elysée et les ministres du gouvernement, comme Brune Poirson, agitent le slogan « MakeOurPlanetGreatAgain » dès qu'ils sont mis en cause, espérant sans doute qu'il leur serve de de totem d'immunité.

Profitant des sommets internationaux, Emmanuel Macron n'hésite d'ailleurs pas à multiplier les discours offensifs pour dénoncer le capitalisme financier ou la prédation des ressources. Il est temps de « transformer l'économie de marché contemporaine mondiale pour qu'elle intègre les critères environnementaux et durables » vient-il d'ailleurs d'affirmer depuis le sommet sur l'environnement de Nairobi. Une tactique désormais utilisée par certains de ses ministres, de Bruno Le Maire à Brune Poirson,

Des petites phrases qui ne semblent pas marquer l'opinion. Sans doute parce qu'elles sonnent faux au regard des politiques productivistes et inégalitaires menées par l'exécutif : Emmanuel Macron n'a-t-il pas signé des accords de commerce qui ne sont pas climato-compatibles ? Ne déroule-t-il pas le tapis rouge au monde de la finance ? Sa majorité à l'assemblée ne vient-elle pas coup sur coup de rejeter une proposition de loi visant à interdire que l'épargne populaire continue de financer les énergies fossiles, et repousser à 2025 l'interdiction de la production de certains pesticides ?

L'exécutif cherche à minorer sa responsabilité

Mis à l'index pour ses contradictions et son inaction climatique, l'exécutif semble désormais plus nerveux et moins sûr de lui. Dans sa réponse, indigeste, à la pétition de l'Affaire du siècle, François de Rugy tente ainsi de diluer la responsabilité du gouvernement en affirmant que le défi du réchauffement climatique ne pourra être relevé « que grâce aux décisions individuelles de chacun ». Un axe de défense qu'Emmanuel Macron mobilise également : « la solution au réchauffement climatique, c'est d'abord chacune et chacun d'entre nous » a-t-il déclaré à Gréoux-les-Bains le 7 mars dernier, avant d'affirmer depuis Nairobi, qu'en matière de réchauffement climatique, « ce n'est pas le peuple contre le gouvernement – il faut arrêter ces bêtises – c'est nous tous ».

Compte-tenu des slogans et de la détermination affichées lors de la grève scolaire du 15 mars et lors de la manifestation du 16 mars, il paraît peu probable de voir Emmanuel Macron et son gouvernement convaincre ainsi l'opinion. Pourtant, si l'on en croit les bruits qui nous parviennent de l'Elysée et du ministère de la transition écologique, il semblerait que l'exécutif n'ait aucune intention de faire des annonces rapides pour donner plus d'ambition à sa politique climatique.

Emmanuel Macron et son gouvernement vont-ils donc se contenter de dire aux centaines de milliers de personnes mobilisées qu'elles n'obtiendront rien ? Pensent-ils que la nouvelle mouture attendue du (petit) projet de loi « Energie » que François de Rugy doit prochainement présenter en Conseil des ministres suffira à calmer cette mobilisation historique ? Vont-ils se limiter à vouloir remettre sur le tapis une taxe carbone pourtant à l'origine du mouvement des gilets jaunes et alors que des propositions alternatives existent pour réduire les émissions et financer la transition (taxer les plus gros pollueurs) ?

Finalement, Emmanuel Macron et son gouvernement vont-ils rester sourds à cette puissante lame de fond qui parcourt une partie significative de la société ?

PS : pour info, les 14 propositions de Attac France, pour nourrir le débat et nos revendications collectives

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Crédit photo : Maureen Van Rensbergen


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Crédit photo : Guénolé Le Gal Ce samedi, plus de 350 000 personnes dans 220 villes de France se sont rassemblées pour dénoncer l’inaction du gouvernement français face à la crise climatique et son cynisme vis-à-vis de la crise sociale....

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Il est de retour ! Après une année de pause, le Salon Emmaüs revient le Dimanche 23 Juin 2019 au Parc des Expositions de la Porte de Versailles.   Cette grande vente de solidarité rassemble une…
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Le vendredi 22 mars, de 18h30 à 21h00 au Café Zango, 15 rue du Cygne, 75001 Paris

Avec la participation de :

David Cormand (EELV), Karine Gloanec Maurin (PS), Laurence Lyonnais (La France Insoumise) et Pierre Serne (Génération-s).

> INSCRIPTION

Pourquoi cette soirée ?

Les forêts subissent de plein fouet notre surconsommation de ressources naturelles et d'énergie : bois, papier, huile de palme, soja ou encore caoutchouc, de nombreux produits que nous consommons tous les jours proviennent des forêts ou de cultures qui les ont remplacées. Dans de nombreux pays tropicaux, la déforestation est alarmante mais les forêts européennes subissent également des pressions de plus en plus fortes. Partout dans le monde, des voix s'élèvent pour défendre des forêts vivantes, au coeur de territoires habités et riches en biodiversité.

Les politiques européennes qui concernent l'énergie, le commerce, l'agriculture, la biodiversité ou encore la coopération jouent un rôle déterminant pour l'avenir des forêts en France et dans le monde.

Agenda

Pour comprendre ce que propose les différents candidat.e.s aux élections européennes qui ont accepté de participer, la soirée se déroulera en plusieurs temps :

18h30-18h45 : Accueil et présentation des enjeux.

18h45-19h15 : Témoignages de deux intervenant.e.s sur les menaces qui pèsent sur les forêts : Tupac Viteri Gualinga (Equateur) et Emelyne Faure (France).

19h15-19h45 : Réactions des candidat.e.s et présentation de leurs propositions à propos des différentes politiques européennes en lien avec les forêts.

19h45-20h30 : Sélection de questions portées par des citoyen.ne.s et réactions des candidat.e.s.

20h30-21h00 : Débat libre autour d'un verre.

Animation

Le débat sera animé par Sylvain Angerand, Président de Canopée et porte-parole des Amis de la Terre France et Indra Van Gisbergen, chargée de campagne pour Fern.

Présentation détaillée des intervenant.e.s

Tupac Viteri Gualinga, 34 ans, membre du Peuple autochtone Kichwa de Sarayaku. Au coeur de la forêt amazonienne de l'Equateur, les Kichwa de Sarayaku ont mené une longue lutte contre les tentatives d'exploitation pétrolière de leur territoire. En 2012, ils ont remporté une victoire juridique décisive et cherchent depuis à renforcer leurs droits.

Emelyne Faure, 37 ans, habite en Haute-Vienne (Limousin). Technicienne forestière de formation, membre du Collectif Forestiers Environnement Limousin, elle a d'abord travaillé en coopérative forestière avant de se lancer comme indépendante. Dans un territoire où les plantations et les coupes-rases se multiplient, elle a fait le pari d'accompagner des propriétaires privés qui souhaitent aller vers une gestion de la forêt plus qualitative.


Cet évènement est organisé dans le cadre de la campagne "Cette fois je vote" pour mobiliser les citoyens et les inviter à participer aux élections européennes du 26 mai 2019.

Pour connaitre l'ensemble des évènements organisés près de chez vous et y participer, inscrivez-vous ici : "Cette fois je vote !"


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A l'occasion de la sortie du documentaire “Territorio Q'anjob'al, vientre acosado : histoires de résistances au Guatemala”, co-produit par le CCFD-Terre Solidaire, PAVéS et Sciences Po Zéro Fossile invitent le Collectif Guatemala pour une projection-débat le 21 mars prochain.

A travers le témoignage de prisonniers politiques et leurs proches, tous défenseurs des droits des peuples autochtones et de leurs territoires dans le département de Huehuetenango au Guatemala, le documentaire dénonce l'instrumentalisation du système judiciaire par le gouvernement et les grandes entreprises voulant exploiter les ressources naturelles, au mépris des droits des peuples autochtones.

INFO PRATIQUES :

Jeudi 21 mars 2019 19h15 – 21h15
Sciences Po, 28 rue des Saints-Pères – Batiment H, salle H101
Inscriptions : asso.paves@gmail.com


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La firme Blablacar a le monopole sur le covoiturage. Ainsi, 15 millions de Français paient une « taxe » privée pour accéder à ce qui devrait être un service public. Des citoyens lancent une alternative : une plateforme coopérative qui met gratuitement en relation les covoitureurs.

Treize millions de personnes en France utilisent quotidiennement leur voiture pour aller travailler, parmi lesquelles 9 sur 10 ne transportent qu’elles-mêmes (1). Pour résoudre cette absurdité aux conséquences graves, le covoiturage apparaît comme une des solutions simples et faciles à mettre en œuvre.
En ces temps disruptifs, la collectivité compte sur les initiatives privées pour répondre à l’intérêt général. Avec les « investissements d’avenir », elle subventionne des entreprises pour s’implanter sur le « segment » du covoiturage courte distance. Ces entreprises sont parfois des multinationales, comme Blablacar, dont la valeur est estimée à 1,4 milliard d’euros (2).

« On est allé assez loin sur le covoiturage longue distance. On peut dire que c’est démocratisé. Maintenant, tout ce qui est domicile-travail et courte distance, ça reste une part du gâteau énorme »

explique Nicolas Brusson, l’actuel directeur général de Blablacar (3).

La « démocratisation » du covoiturage

On voit ce que donne la « démocratisation » du covoiturage à la sauce Blablacar : lever des fonds considérables de manière à proposer un service gratuit, le temps d’étouffer les concurrents, de les racheter s’ils sont trop coriaces, et d’obtenir ainsi le monopole. Ensuite, Blablacar a les mains libres pour imposer ses conditions aux utilisateurs : récupération des données personnelles, et surtout, paiement d’une commission dont le montant est, bien sûr, plus élevé que le service rendu : c’est le principe du capitalisme, il faut rémunérer le capital.
On voit mal Bill Gates faire du covoiturage : si ce mode de mobilité explose, c’est avant tout parce qu’il est le moins cher. On peut même avancer que parmi les 15 millions de Français inscrits sur Blablacar (4), beaucoup sont contraints de faire du covoiturage car ils n’ont pas, ou plus les moyens de faire autrement : supporter seuls les frais d’essence, acheter une voiture, prendre le train – parce qu’il est trop cher, ou que le service est défaillant. Un chiffre pour s’apercevoir de l’ampleur qu’a pris Blablacar : près de la moitié des 18-25 ans ont donné leur nom, leur âge, leur localisation et très souvent leur photo, leurs « centres d’intérêt » et leur numéro de compte à la plateforme (4).

Appel lancé à tous les covoit’

Conclusion : de riches investisseurs privés font de l’argent sur la paupérisation d’une partie croissante de la société, le tout avec l’assentiment des pouvoirs publics. Le covoiturage pourrait-il exister autrement ? Nicolas Raynaud pense que oui. En 2011, il a mis au point une plateforme gérée par une association : Covoiturage libre. Par leur travail bénévole, Nicolas et les autres ont construit en quelques semaines une véritable alternative à Blablacar. La mise en relation n’est même pas effectuée à prix coûtant, elle est gratuite. Tout repose sur le bénévolat et les dons des utilisateurs, qui permettent de payer le matériel et l’infrastructure informatique. Et ça a marché : la communauté a rapidement compté des dizaines de milliers de membres. Les bénévoles se sont accrochés pour gérer le succès…


« On change de statut et de nom, mais la philosophie reste la même : on considère que le covoiturage est un bien commun, que la plateforme doit appartenir à ceux qui s’en servent. »

Bastien Sibille est le dernier président de l’association Covoiturage libre. Le voilà désormais premier président de la coopérative Mobicoop, qui a repris l’activité de l’association en novembre.

« Ce statut permet aux utilisateurs de devenir, s’ils le souhaitent, associés de la coopérative. Avec cet argent, on pourra vraiment développer le site internet pour proposer un meilleur service, et ne plus compter uniquement sur le travail bénévole. »

Dans la continuité de l’association, la coopérative s’engage à « ne prendre aucune rémunération sur les trajets réalisés » et à « protéger les données des utilisateurs ». Les revenus seront tirés des dons, ainsi que de prestations aux collectivités et entreprises pour la mise en place et l’accompagnement de plateformes spécifiques. Pour éviter le piège d’un fonctionnement très hiérarchisé où « on demande aux associés de voter une fois par an pour l’équipe en place sans leur donner la possibilité de délibérer véritablement», Mobicoop fait la part belle dans ses statuts aux méthodes dites de « sociocratie », afin de faciliter l’implication des associés dans la vie quotidienne de la coopérative.
L’appel à souscription a été lancé début novembre (5). L’objectif de Mobicoop est de réunir au moins 20 000 coopérateurs dans ses assemblées générales et de collecter au moins 2 millions d’euros – la part vaut 100 euros. Pas de quoi s’implanter dans 22 pays, ou de racheter Ouibus (6)… Simplement permettre aux usagers de se réapproprier le covoiturage, et leur donner les moyens de ne pas dépendre de l’ogre Blablacar.

Fabien Ginisty
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1 – D’après Eurostat.
2 – D’après Europe1.fr, en 2015.
3 – En novembre 2018 sur BFM Business
4 – D’après Blablacar.
5 – Pour covoiturer avec Mobicoop ou devenir coopérateur : https://www.mobicoop.fr/ 6 – Blablacar a racheté Ouibus à la SNCF en novembre pour « développer l’intermodalité ».

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