{{syndication url="http://www.amisdelaterre.org/spip.php?page=backend" nb="5" title="Amis de la terre"}}
donne

{{syndication url="http://www.lagedefaire-lejournal.fr/feed/" nb="5" title="Age de Faire" template="accordeon.tpl.html"}}
donne

Age de Faire

L’Alsace est la seule région de France où les bouteilles sont encore consignées à grande échelle. Les brasseries Meteor et Kronenbourg (qui est propriétaire de Kanterbräu) partagent le même parc de bouteilles et de caisses en plastique permettant leur collecte et leur livraison.

C’est sans doute le fait que plusieurs entreprises l’aient maintenue ensemble, ainsi que la proximité avec l’Allemagne où tout est consigné, qui a fait que la consigne n’a pas disparu dans la région.

Simon Baumert, de Zéro Déchet Strasbourg.

Créée il y a trois ans, l’association vient de lancer le Réseau Alsace Consigne, aux côtés de brasserie Meteor et des embouteilleurs d’eau Carola et Lisbeth. L’objectif est de rendre la consigne plus visible, et de mieux la valoriser. Car même si elle est toujours d’actualité en Alsace, elle a connu des jours meilleurs. Par exemple, en trente ans, les volumes de vente de bouteilles consignées, chez Meteor, ont été divisés par trois. Malgré cette diminution, 25 millions de bouteilles en verre sont encore consignées chaque année en Alsace.

En 2009, les industriels alsaciens se sont posé la question de l’avenir de cette pratique. La brasserie Meteor a alors commandé une étude pour comparer l’impact environnemental de ses bouteilles consignées, et de ses bouteilles à usage unique. Celle-ci a conclu que sur les six facteurs étudiés (utilisation d’énergie primaire, émission de gaz à effet de serre, acidification de l’air par SO2, consommation d’eau, déchets recyclés et déchets non triés), l’impact de la bouteille jetable est beaucoup plus important que celui de la bouteille consignée (entre 35 et 90 % de plus selon les facteurs). Elle a aussi relevé que l’âge moyen des bouteilles consignées en circulation est de 6 à 7 ans. Les plus vieilles d’entre elles sont âgées de 17 ans !

Cette étude a permis de montrer qu’il se passe des choses en Alsace, et que la consigne a un réel intérêt environnemental. C’est intéressant, car cette question n’est pas celle qui prédomine chez les consommateurs qui utilisent la consigne. Les gens continuent parce qu’ils ont toujours fait comme ça. Ils sont aussi attachés à l’idée de consommer régional. Nous voulons valoriser ce geste environnemental fort, et mettre en évidence le fait que la consigne représente des emplois non délocalisables.

Simon Baumert, de Zéro Déchet Strasbourg.

Un logo commun et une carte des points de vente avec consigne sont en cours de création. Le Réseau Alsace Consigne souhaite aussi mettre en place des « magasins pilotes exemplaires en termes de visibilité de la consigne : il ne faut pas que la machine soit reléguée dans un coin. Il faut que le consommateur la voie ».

Après la période de creux d’il y a dix ans, la consigne suscite, comme partout en France, un regain d’intérêt de la part de « citoyens qui veulent consommer autrement ». Certains industriels alsaciens y sont également attachés, et ont décidé de s’y investir : « Je suis salarié de Zéro Déchet Strasbourg grâce aux financements des entreprises », souligne Simon Baumert.

Lisa Giachino

Cet article Consigne : l’Alsace a un temps d’avance est apparu en premier sur Le site du journal L'age de faire.


Accéder à l'intégralité du contenu

« Si tu tries, t’as tout compris », dit le slogan, comme si le recyclage était la seule manière de gérer les emballages vides. Et la consigne ? Abandonnée il y a quarante ans par les industriels, qui ont transféré le poids de la collecte des emballages aux collectivités locales, elle est reprise à son compte par des associations, des coopératives et des petites entreprises.

C’est l’histoire d’un hold-up. Il y a une quarantaine d’années, la plupart des liquides étaient vendus dans des bouteilles en verre que les consommateurs rapportaient après usage, en échange d’une petite pièce. Les camions qui livraient le magasin récupéraient le verre vide, qui était lavé et réutilisé. Un système économiquement viable, générant peu de déchets, entièrement pris en charge par les producteurs de boissons et de denrées qui l’avaient intégré à leur fonctionnement.
Jusqu’à l’arrivée des emballages jetables : canettes, briques, bouteilles en verre à usage unique, et surtout plastique. Grâce à eux, les industriels pouvaient expédier leurs marchandises plus loin, centraliser leur production, se passer des unités de lavage et de conditionnement. C’est de bonne guerre pour des entreprises capitalistes, mais pourquoi parler de hold-up ?
Parce qu’en abandonnant la consigne, ces entreprises se sont débarrassées de la gestion des emballages vides, et ont transféré son coût aux collectivités locales. En 2005, Jacques Pélissard, alors président de l’association des maires de France, témoignait : « Dans les années 89-90, nous nous sommes aperçus que la nature de nos déchets changeait : 50 % étaient constitués d’emballages. Les industriels passaient du jour au lendemain du verre consigné au verre perdu ou, pire encore [au plastique]. Donc, sans informer les communes et sans leur accord, on leur a transféré de façon unilatérale la charge du traitement de tonnages nouveaux venant des industriels. » (1) Depuis 1992, un décret oblige les entreprises à contribuer à l’élimination des déchets d’emballages ménagers. Mais elles peuvent se contenter d’adhérer à un organisme collectif (« éco-organisme »), qui ne prend en charge qu’une partie de la collecte et du traitement.

Filières démantelées

Le hold-up est aussi moral et politique. Un article du Monde Diplomatique (2) explique comment, aux États-Unis, les industriels ont organisé, dans les années 70, une campagne de relations publiques pour contrer les lois adoptées par plusieurs États. Voyant les canettes et bouteilles vides envahir l’espace public, ces derniers voulaient imposer le retour à la consigne. Impensable pour les entreprises qui ont contre-attaqué avec un programme pilote de recyclage, dans lequel des associations, des écoles et des églises sont enrôlées pour convaincre les habitant·es de ramener les emballages vides dans des centres de collecte.

Ainsi, au moment même où les industriels prennent des décisions structurellement antiécologiques, ils en appellent à la responsabilisation écologique des consommateurs, écrit Le Monde Diplomatique. [Ils] ont réussi à construire la question des déchets comme une « affaire de responsabilité individuelle, déconnectée du processus de production ». (3)


La France, avec quelques décennies de retard, suit le même chemin. Au début des années 90, les industriels, notamment du secteur des vins et spiritueux, se sont mobilisés pour éviter d’imiter le modèle allemand de récupération par consigne (4). En France, celle-ci ne s’est maintenue qu’à la marge, et pour certaines boissons (eaux et sodas) vendues en hôtellerie et restauration. Pour le reste, le recyclage s’est imposé comme la seule manière de gérer les emballages vides. La collecte des déchets repose donc sur les collectivités locales et les consommateurs, qu’il faut sans relâche « éduquer », « sensibiliser »… voire culpabiliser. « Si tu tries, t’as tout compris », nous dit le slogan de certains organes de collecte des ordures ménagères, également utilisé dans de nombreux projets scolaires d’éducation à l’environnement. Est-ce à dire que nous n’avons rien à comprendre en dehors de ces conteneurs verts, bleus et jaunes que nous remplissons consciencieusement comme si le sort de la planète en dépendait ?
La stratégie a si bien réussi que les filières de réemploi du verre ont été presque entièrement démantelées. Les entreprises de lavage ont quasiment toutes fermé ; les machines n’ont pas été modernisées ; les caisses de plastique permettant de collecter les bouteilles ne sont plus fabriquées en France. La plupart des artisans et petits producteurs, qui n’étaient pas tous opposés à la consigne, ont été entraînés dans ce mouvement imposé par les industriels et les grands domaines viticoles. Car la consigne, adaptée au commerce régional et de proximité, devient plus encombrante quand on vise le développement international.

« Histoire d’étiquette »

Au choix des industriels et des pouvoirs politiques, s’est ajoutée une « histoire d’étiquette », relève Marie Robin, chargée du projet « La consigne de Provence » pour l’association écoscience.

La technique d’étiquetage d’autrefois, à base de papier et de colle, partait très bien au lavage, explique-t-elle. Puis sont arrivées les étiquettes auto-adhésives, qui permettaient de gagner du temps, offraient plus de possibilités graphiques, tenaient mieux dans le seau à glace… et ne partaient plus au lavage. Peu à peu, les volumes lavés ont diminué. Des entreprises ont disparu, et les gros producteurs qui avaient leur propre laveuse n’en ont pas racheté quand elle est arrivée en fin de vie.


Fabienne et Pierre Sautou ont repris un domaine viticole familial à La Crau, dans le Var. Le passage du verre consigné au verre perdu n’est pas resté dans la mémoire familiale. « On ne sait pas pourquoi ça s’est arrêté, indique Fabienne. Mais ma mère trouve très bien qu’on s’y remette ! »
Le couple, qui cultive en biodynamie, est ravi que son domaine serve de terrain d’expérimentation pour Ecoscience Provence. « Les gens sont réceptifs, ils ont envie de ramener leurs bouteilles vides, poursuit Fabienne. On leur en offre une pleine quand ils en ont ramené vingt. Les restaurants les plus proches nous les rapportent aussi. Maintenant, notre intérêt, ce serait que des collègues s’y mettent. Pour certains c’est compliqué, car ils vendent beaucoup à l’export. Mais ils commencent à se dire que ça pourrait développer leurs ventes au domaine. » Plus d’une dizaine de viticulteurs sont intéressés pour se joindre à l’expérience.

« On sait que c’est viable »

On sait que c’est viable. Particulièrement pour les viticulteurs de Provence, qui utilisent de belles bouteilles assez chères à l’achat. Le lavage coûte 0,25 euro par bouteille, contre 0,40 à 0,80 euro pour une bouteille neuve.

Marie Robin. 


L’argument écologique semble relever du bon sens – « pourquoi casser un objet utilisable pour le fabriquer à l’identique ? » – mais il a tout de même été vérifié par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). Son dernier rapport sur le sujet, en octobre dernier, a conclu que sur les dix « dispositifs de réemploi » du verre étudiés, tous ont une « bonne performance environnementale par rapport au système sans réemploi ». « Laver une bouteille se fait en 40 minutes dans un lave-vaisselle industriel, complète Marie Robin. En fabriquer une à partir de verre recyclé nécessite de la fondre pendant 24  heures dans un four à 1 500 degrés, ce qui consomme quatre fois plus d’énergie. »
Reste maintenant à reconstruire une filière. Ecoscience a travaillé sur les aspects techniques – trouver des étiquettes auto-adhésives qui partent au lavage, vérifier les conditions d’hygiène, organiser la logistique – et propose maintenant un diagnostic à chaque domaine viticole. « En fonction de leur mode de commercialisation, on leur conseille différentes façons de tester la consigne sans prendre de risque », explique Marie Robin. Prochaine étape : organiser la collecte des bouteilles à moindre coût. À terme, Ecoscience envisage la création d’un atelier de lavage.
L’association est aussi à l’initiative du réseau Consigne, qui réunit des porteurs de projets de réemploi du verre un peu partout en France (lire page suivante). Comme l’explique Naïm Schneyders, qui travaille à la création d’une coopérative à Grenoble, « l’une des conditions de réussite, c’est que les producteurs soient acteurs de ce changement. Qu’ils acceptent d’adopter un format commun de bouteilles, qu’ils se mettent ensemble pour les acheter en gros… On essaie aussi d’avancer ensemble entre projets d’une même région, et au niveau national. » L’assemblée générale du réseau Consigne est prévue en juin.

Lisa Giachino
……………………………………………………….

1 – Exposé « Les Maires, fantassins du développement durable », cité par le Cniid (aujourd’hui nommé Zéro Waste). Compte-rendu sur le site www.comite21.org
2 – Eh bien, recyclez maintenant !, Grégoire Chamayou, Le Monde Diplomatique, février 2019
3 – The hidden life of garbage, Don Hazen, AlterNet, 30 octobre 2005
4 – www.cniid.org/Le-point-sur-La-consigne-des-bouteilles-1e-181

L’âge de faire a fait le point sur différents projets locaux « consigne » et en publie la carte en page 17 du journal n°141. La carte interactive de ces projets est aussi en ligne sur ce site.

Cet article Y a d’la consigne dans l’air est apparu en premier sur Le site du journal L'age de faire.


Accéder à l'intégralité du contenu

À La Courneuve, des militant·es de la Cgt énergie se battent pour maintenir une boutique physique, alors que la « dématérialisation » des services publics laisse une partie des habitant·es sur le carreau.

Edf avait prévu de le faire en 2019, mais a atteint son objectif dès 2018 : le producteur historique d’électricité a désormais fermé toutes ses boutiques. Vous voulez obtenir un renseignement sur votre facture, changer d’abonnement, vous procurer une attestation de domicile ? Il va falloir le faire par téléphone ou sur internet. Adieu l’accueil physique, place à la « dématérialisation ». Quoi que Nicolas Noguès, secrétaire de la Cgt énergie 93, y voie plutôt une « déshumanisation ».
Bien décidés à maintenir le lien avec les usagers, lui et d’autres agents d’Edf et d’Enedis ont décidé de rouvrir la boutique que l’opérateur avait fermée en mars 2018 à La Courneuve (Seine-Saint-Denis). En novembre, ils se sont procuré une clé et ont réinvesti le site. Les bureaux étaient toujours là, ainsi que les imprimantes, la machine à carte bancaire, etc. Ils ont donc repris l’accueil des usagers presque comme avant, se relayant pour maintenir des horaires normaux, cinq jours par semaine. Très vite, plusieurs centaines de personnes ont poussé la porte de la boutique, souvent après avoir tenté, en vain, de passer par la voie dématérialisée pour régler leurs problèmes.
Dans un rapport publié en janvier, le Défenseur des droits note que la dématérialisation se traduit « pour beaucoup d’usagers par un véritable recul de l’accès à leurs droits ». Car tout le monde n’est pas en mesure de mener ses démarches sur internet ou par téléphone, parfois pour de simples raisons matérielles : « L’accès effectif aux procédures dématérialisées nécessite l’accès facile et simple aux équipements nécessaires pour réaliser les démarches. Or, 19 % des Français n’ont pas d’ordinateur à domicile et 27 % d’entre eux n’ont pas de smartphone. » Et puis, il y a les aptitudes de chacun à manier la souris, surfer sur le net, savoir utiliser un scanner (et en posséder un), maîtriser les procédures en ligne… Même des assistantes sociales, pourtant rompues aux démarches administratives, envoient parfois à la boutique des personnes dont elles s’occupent.

« Dématérialisation » signifie souvent
« désertion »

Le rapport du Défenseur des droits montre aussi que ce sont souvent les publics qui sont déjà les plus fragiles qui se retrouvent démunis face à cette « dématérialisation » : les personnes âgées, les peu diplômées, celles ne parlant pas le français… Nicolas Noguès a pu le constater dans la boutique de La Courneuve : « Par exemple, des personnes d’origine asiatique, ne parlant pas français, viennent nous voir avec un de leurs enfants pour qu’il traduise. On utilise des termes parfois techniques, que l’enfant ne sait pas traduire… Mais au final, quand on est face à face, on arrive toujours à se comprendre. Alors que par téléphone, ce serait impossible. C’est comme quand vous êtes à l’étranger et que vous demandez votre chemin. Même si vous maîtrisez mal la langue, avec des gestes, en vous aidant d’un plan, etc., vous parviendrez à savoir dans quelle direction aller. À condition d’avoir quelqu’un en face. »

Le maire de la commune, Gilles Poux (Pc), soutient pleinement l’action d’occupation de la boutique. Il a même rebaptisé le lieu « Zad du service public ». Car Edf n’est pas le seul à vouloir déserter La Courneuve : il ne reste qu’un des trois bureaux de Poste, la Caf n’ouvre plus que deux jours par semaine, la Cpam est de plus en plus souvent fermée… Ici, comme dans de nombreux territoires, « dématérialisation » signifie souvent « désertion».

Les services publics sont garants de l’égalité républicaine, explique l’édile (1). Plus qu’un symbole, le succès auprès des usagers de cette boutique Edf rouverte est une épine dans la chaussure (sic) des liquidateurs des services publics.

Un discours qui s’oppose à celui de la « start-up nation », pour laquelle la numérisation de l’administration représente forcément un « progrès ».
Le rapport Cap22, qui en la matière sert de feuille de route au gouvernement, préconise ainsi, dans la novlangue techno, de « créer une administration plus agile, plus adaptable, ancrée dans le monde contemporain ». Ou encore de « dématérialiser les démarches et rationaliser les implantations des services publics sur les territoires. » En langage courant, il s’agit de fermer des lieux d’accueil et de remplacer des fonctionnaires par des ordinateurs pour réaliser des économies. Les rédacteurs promettent même, grâce à cette « modernisation », des économies d’« une trentaine de milliards d’euros à l’horizon 2022 ». Mais à quel prix ?

Remettre de l’humain

Ils ont la volonté de casser tout lien humain entre les agents et les usagers. Couper l’électricité à un usager en appuyant sur un bouton, depuis son bureau, c’est assez facile ! En revanche, quand vous avez la personne en face de vous, ce n’est pas du tout le même rapport. Ce qu’il faut, c’est donc remettre de l’humain dans ce système.

Nicolas Noguès.

Edf ne semble pourtant pas douter de son évolution : à la demande de ses dirigeants, une entreprise de déménagement a vidé la boutique dans la nuit du 3 au 4 janvier. Depuis, les agents reçoivent toujours les usagers, mais sur leur propre mobilier, et à l’aide de leurs propres téléphones. Pas si facile à faire disparaître, ces foutus humains…

Nicolas Bérard
………………………………………………………………..
1 – Dans le journal de La Courneuve, Regards.

Cet article Une « Zad  » du service public à la Courneuve est apparu en premier sur Le site du journal L'age de faire.


Accéder à l'intégralité du contenu

« Une bonne qualité de l’air intérieur peut améliorer votre bien-être et votre santé avec des effets positifs sur votre peau. » Je ne pense pas avoir une peau spécialement vilaine, mais quand même : lorsque j’ai reçu ce communiqué, je me suis évidemment jeté dessus pour en savoir plus. C’est la sympathique entreprise tado° qui a apparemment tenu à me transmettre cette information. Ce qui est très flatteur, car tado° n’est pas n’importe qui : c’est rien de moins que le « leader européen de la gestion intelligente du climat domestique ». Waouh.Petite précision sur l’emploi du terme « intelligent » : il fut un temps, pas si lointain, où cet adjectif qualifiait surtout des êtres vivants, des humains par exemple. Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, ne sont intelligents que des objets, des applications, des compteurs, voire des villes. Pour éviter les répétitions et avoir l’air encore plus « in », on utilise parfois ce terme en anglais, « smart ». Ce qui est pratique, également, c’est qu’on peut l’employer à toutes les sauces. Ainsi, je suis récemment passé devant une « smart résidence étudiante ».

Renseignements pris auprès d’un occupant, à part le fait d’y trouver un distributeur automatique de nourriture et d’avoir accès à un réseau wi-fi collectif, l’étudiant ne trouvait pas son studio particulièrement futé. Mais sans doute n’avait-il pas encore découvert toutes les potentialités de son logement… Dans un registre totalement différent, j’ai aussi découvert dans un rayon de supermarché l’existence d’une « éponge intelligente », munie de petits picots capables d’aller gratter dans les angles de vos plats. Il est assez formidable d’être entouré d’une telle quantité d’intelligence pour faire la vaisselle.Cette « smart éponge » n’est pas connectée, c’est un peu une exception : la plupart du temps, les objets « intelligents » sont reliés à internet et font mouliner un algorithme. Ce qui est le cas de la nouvelle (et certainement indispensable) fonctionnalité proposée par tado°, nommée « bien-être ambiant ». Le grand maître de « la gestion intelligente du climat domestique » en fait une description particulièrement alléchante : « Disponible via l’application V3+, elle mesure l’air intérieur à l’aide de capteurs de température et d’humidité intégrés dans les thermostats intelligents tado°. » Oui, bien entendu, pour bénéficier de cette fonctionnalité, il faut que vos thermostats suivent, question intelligence.

Mais ça vaut le coup : « Elle les combine à des algorithmes qui tiennent compte de la fréquence d’ouverture des fenêtres, de la présence de personnes et de la qualité de l’air dans votre voisinage pour vous guider vers un environnement domestique plus sain et un bien-être amélioré. » Une dernière précision particulièrement importante qui, assurément, finira de vous convaincre : « Entièrement compatible avec Apple Homekit, Amazon Alexa et l’assistant Google, tado° s’intègre parfaitement dans n’importe quel écosystème de maison intelligente. » Évidemment, si vous ne possédez aucun appareil intelligent, que vous vivez dans une « stupid home », ça va vous coûter un peu cher pour vous mettre à niveau. Rassurez-vous néanmoins : votre « smart journal » L’âge de faire va vous permettre de bénéficier de toutes les fonctionnalités de ce service sans dépenser un rond.

Pour cela, appliquez deux règles intelligentes : ouvrez régulièrement vos fenêtres pour renouveler l’air ambiant de votre habitation ; si vous habitez en ville, évitez de le faire aux heures de pointe, quand l’air extérieur est particulièrement pollué. On peut en faire, des trucs, avec un « smart cerveau » !

Nicolas Bérard

Cet article Ceci est un smart édito est apparu en premier sur Le site du journal L'age de faire.


Accéder à l'intégralité du contenu

Des syndicalistes d’Enedis réouvrent une boutique pour continuer à recevoir du public. Des enseignants refusent d’utiliser le cahier de texte numérique. Des éleveurs risquent des sanctions pour ne pas «pucer» leurs brebis. Les collectifs anti-Linky conduisent une révolte populaire inattendue contre le compteur électrique «intelligent». La Cimade prend à leur propre jeu les préfectures, qui utilisent l’informatique pour rendre invisibles les files d’attentes des étrangers… Autant de résistances au « technototalitarisme » décrit par Pièces et main d’oeuvre.

Au sommaire du numéro 141 (mai 2019)

1 / Edito: ceci est un smart édito / Tours : le « renouvellement urbain » vu par Fatoumata
2 / Courrier et concombres
3 / Reportage la philo ou l’art de l’incertitude
4 / Nouvelle-Zélande Mihirangui, gardienne de la nature / NDDL un pot commun pour la Zad
5 / Livres Creuse : une rivière en résistance / La bagnole au crible de la sociologie ma petite entreprise au comptoir du bar à pain
12 /13 / La face cachée du numérique
14 /15 / Actu Gonesse : une station de métro en plein champ ? / Le grand débat, un trompe-l’oeil / « la liberté d’informer ne s’use que si… »
16 / 17 / Lorgnette y a d’la consigne dans l’air
18 / L’atelier au jardin, rubrique à bec, La pause Qi Gong, jouons z’un brin
19 / Le forum
20 /21 Fiches pratiques : une forêt comestible sur le balcon
Recettes printanières

En vente ici

Cet article Résister à l’oppression numérique est apparu en premier sur Le site du journal L'age de faire.


Accéder à l'intégralité du contenu

{{syndication url="https://alternatiba.eu/feed/" nb="5" nb="5" title="Alternatiba" formatdate="jma" template="liste_description.tpl.html"}}
donne

Alternatiba

25.05.2019 - Deux jours de mobilisation pour le climat et en soutien aux décrocheurs et décrocheuses en procès le 28 mai

Ces 24 et 25 mai, une nouvelle séquence de mobilisation pour le climat a eu lieu en France. Après la seconde grève internationale pour le climat menée par les jeunes du monde entier le 24 mai, la mobilisation s’étend aujourd’hui...

Cet article Deux jours de mobilisation pour le climat et en soutien aux décrocheurs et décrocheuses en procès le 28 mai est apparu en premier sur Alternatiba.


23.05.2019 - Le 24 mai, les jeunes appellent à la grève mondiale pour le climat pour reprendre le pouvoir sur leur avenir

Grève scolaire du 15 mars – Crédit – Basile Mesré-Barjon Un peu partout dans le monde, lycéen·ne·s et étudiant·e·s se mobilisent pour des politiques à la hauteur de l’urgence climatique et sociale. A l’occasion de la grève mondiale du 24 mai,...

Cet article Le 24 mai, les jeunes appellent à la grève mondiale pour le climat pour reprendre le pouvoir sur leur avenir est apparu en premier sur Alternatiba.


10.05.2019 - Camp Climat : un camp de formations pour accélérer les mobilisations face à l’urgence climatique

La 3e édition du Camp Climat, camp de formation organisé par Alternatiba, les Amis de la Terre et ANV-COP21 pour se préparer aux futurs temps forts du mouvement climat, se tiendra du 31 juillet au 11 août 2019 à Kingersheim en Alsace.

Cet article Camp Climat : un camp de formations pour accélérer les mobilisations face à l’urgence climatique est apparu en premier sur Alternatiba.


03.05.2019 - Camp Climat : les inscriptions sont ouvertes !

Du 31 juillet au 11 août, formons-nous aux mobilisations à venir pour relever le défi climatique Toi aussi, tu as marché dans les rues pour le climat ces derniers mois ? Le camp climat est la prochaine étape qui te...

Cet article Camp Climat : les inscriptions sont ouvertes ! est apparu en premier sur Alternatiba.


26.04.2019 - Fin du grand débat, mais pas du blabla

25 avril – Réaction à l’allocution télévisée du président de la République Emmanuel Macron : fin du grand débat, mais pas du blabla Sortie d’un portrait de Macron réquisitionné lors de l’action Bloquons la République des pollueurs le 19 avril...

Cet article Fin du grand débat, mais pas du blabla est apparu en premier sur Alternatiba.



{{syndication template="accordeon.tpl.html" url="http://www.lagedefaire-lejournal.fr/feed/, https://alternatiba.eu/feed/, http://www.amisdelaterre.org/spip.php?page=backend, https://france.attac.org/feed, http://ccfd-terresolidaire.org/spip.php?page=backend, http://emmaus-france.org/feed/" source="Age de Faire, Alternatiba, Amis de la terre, Attac, CCFD-Terre Solidaire, Emmaus France" title="La Totale" formatdate="jma" nouvellefenetre="1" nb="1"}}
donne :

La Totale

Ces 24 et 25 mai, une nouvelle séquence de mobilisation pour le climat a eu lieu en France. Après la seconde grève internationale pour le climat menée par les jeunes du monde entier le 24 mai, la mobilisation s’étend aujourd’hui...

Cet article Deux jours de mobilisation pour le climat et en soutien aux décrocheurs et décrocheuses en procès le 28 mai est apparu en premier sur Alternatiba.


Accéder à l'intégralité du contenu

24 mai 2019 – Les Amis de la Terre France saluent l'annonce du Conseil constitutionnel de publier dorénavant le contenu des contributions extérieures ou « portes étroites » qui peuvent influencer ses décisions dans le cadre du contrôle de constitutionnalité des lois (1). Dans une enquête publiée en juin 2018 (2) puis un recours contre le Conseil constitutionnel devant le Conseil d'État en octobre (3), les Amis de la Terre avaient mis en lumière ce manque de transparence et l'influence accrue des lobbies sur cette institution.

Dans une enquête publiée en juin dernier, les Amis de la Terre France et l'Observatoire des multinationales avaient en effet révélé que le Conseil constitutionnel était devenu un lieu de lobbying de plus en plus important pour les milieux d'affaire, conduisant ces dernières années à un grand nombre de censures de dispositions de lois au nom des « droits et libertés » des entreprises, et au détriment de l'intérêt général (lutte contre l'évasion fiscale, l'accaparement des terres, loi « Florange »,...).

Pour Juliette Renaud, responsable de campagne sur la Régulation des multinationales aux Amis de la Terre France : « Notre enquête l'année dernière et le recours que nous avions déposé au Conseil d'État réclamant cette transparence avaient permis de pointer ce problème majeur et faire pression sur le Conseil constitutionnel. Nous sommes heureux qu'il réagisse enfin à ces interpellations. Mais cette transparence n'est qu'un premier pas, qui devra être complété par d'autres pour réellement limiter l'influence des lobbies au sommet de l'État ».

Les Amis de la Terre France espèrent que cette transparence s'appliquera aussi à toutes les "portes étroites" reçues dans le passé par le Conseil constitutionnel, et que le Conseil d'État en fera de même.

L'association écologiste était soutenue dans cette démarche par des juristes et d'autres organisations de la société civile.

Contact presse :
Juliette Renaud : juliette.renaud@amisdelaterre.org 06.37.65.56.40 ou 09.72.43.92.61

Notes :
(1) Voir le communiqué de presse officiel du Conseil constitutionnel : https://www.conseil-constitutionnel.fr/actualites/communique/le-conseil-constitutionnel-rendra-desormais-publiques-les-contributions-exterieures-qu-il-recoit
(2) Le rapport « Les Sages sous influence ? Le lobbying auprès du Conseil constitutionnel et du Conseil d'État » est disponible ici : http://www.amisdelaterre.org/sages-sous-influence
(3) Voir le communiqué de presse du 25 octobre 2018, annonçant le dépôt du recours : https://www.amisdelaterre.org/Lobbying-les-Amis-de-la-Terre-France-deposent-un-recours-contre-le-Conseil.html et celui du 12 avril 2019 commentant la décision du Conseil d'État : https://www.amisdelaterre.org/Lobbying-Rejet-du-recours-inedit-des-Amis-de-la-Terre-contre-le-Conseil.html


Accéder à l'intégralité du contenu

Ce vendredi 24 mai est organisée la deuxième grève mondiale pour le climat. Des dizaines de milliers de jeunes défilent en ce moment partout dans le monde à l'occasion de 1500 rassemblements dans 118 pays. Attac France soutient depuis son lancement la mobilisation des jeunes pour le climat en France.

À Paris, un cortège avec une abeille géante s'est élancé depuis la Place de l'Opéra pour dénoncer la toxicité des multinationales comme Bayer-Monsanto. Après avoir occupé leur siège mercredi 22 avril, les militant·e·s réclament la fin de l'impunité des multinationales, principales responsables des dérèglements climatiques. Au greenwashing généralisé porté par les décideurs politiques et économiques, il est urgent de substituer des décisions qui permettront à toutes et tous d'accéder à une vie décente sur une planète vivable.

Pour Maxime Combes, porte-parole d'Attac sur les enjeux climatiques, « face à l'urgence climatique, les experts sont unanimes, il est indispensable de repenser profondément nos modes de production, de consommation, de déplacement. Mais cette transition ne peut se faire sur le dos des plus démuni·e·s. Ni dans nos pays, ni dans les pays du Sud. Attac a formulé 14 propositions pour engager une véritable transition écologique et sociale. Or, derrière des mises en scène électorales, Emmanuel Macron et son gouvernement nous font perdre du temps : le "conseil de défense écologique" réuni ce 23 mai a accouché d'une souris. »

Pour Raphaël Pradeau, porte-parole d'Attac, « l'irresponsabilité des entreprises multinationales ne doit plus trouver asile dans l'irresponsabilité des États et des gouvernements. Face à leur inertie, renforçons et amplifions ces mobilisations citoyennes. Multiplions également, dans le même temps, les actions citoyennes contre l'impunité des multinationales. Elles mettent en péril la planète, la biodiversité et la santé des paysan·ne·s et des citoyen·ne·s en profitant de pouvoirs exorbitants qui leur ont été confiés au cours des dernières décennies. »

Attac, avec ses partenaires va continuer à se mobiliser pour une véritable transition écologique, juste socialement. De nouvelles actions contre l'impunité des multinationales seront organisées prochainement. Nous donnons également rendez-vous au contre-G7 que nous organiserons à Hendaye du 21 au 25 août pour se mobiliser face aux sept grands pyromanes de la planète.


Accéder à l'intégralité du contenu

Le rapport financier 2018 du CCFD-Terre Solidaire, examiné et validé par nos commissaires aux comptes, le cabinet Deloitte, est intégralement consultable dans le document à télécharger ci-dessous

Téléchargez le rapport financier annuel 2018 du CCFD-Terre Solidaire :


Accéder à l'intégralité du contenu

L’Alsace est la seule région de France où les bouteilles sont encore consignées à grande échelle. Les brasseries Meteor et Kronenbourg (qui est propriétaire de Kanterbräu) partagent le même parc de bouteilles et de caisses en plastique permettant leur collecte et leur livraison.

C’est sans doute le fait que plusieurs entreprises l’aient maintenue ensemble, ainsi que la proximité avec l’Allemagne où tout est consigné, qui a fait que la consigne n’a pas disparu dans la région.

Simon Baumert, de Zéro Déchet Strasbourg.

Créée il y a trois ans, l’association vient de lancer le Réseau Alsace Consigne, aux côtés de brasserie Meteor et des embouteilleurs d’eau Carola et Lisbeth. L’objectif est de rendre la consigne plus visible, et de mieux la valoriser. Car même si elle est toujours d’actualité en Alsace, elle a connu des jours meilleurs. Par exemple, en trente ans, les volumes de vente de bouteilles consignées, chez Meteor, ont été divisés par trois. Malgré cette diminution, 25 millions de bouteilles en verre sont encore consignées chaque année en Alsace.

En 2009, les industriels alsaciens se sont posé la question de l’avenir de cette pratique. La brasserie Meteor a alors commandé une étude pour comparer l’impact environnemental de ses bouteilles consignées, et de ses bouteilles à usage unique. Celle-ci a conclu que sur les six facteurs étudiés (utilisation d’énergie primaire, émission de gaz à effet de serre, acidification de l’air par SO2, consommation d’eau, déchets recyclés et déchets non triés), l’impact de la bouteille jetable est beaucoup plus important que celui de la bouteille consignée (entre 35 et 90 % de plus selon les facteurs). Elle a aussi relevé que l’âge moyen des bouteilles consignées en circulation est de 6 à 7 ans. Les plus vieilles d’entre elles sont âgées de 17 ans !

Cette étude a permis de montrer qu’il se passe des choses en Alsace, et que la consigne a un réel intérêt environnemental. C’est intéressant, car cette question n’est pas celle qui prédomine chez les consommateurs qui utilisent la consigne. Les gens continuent parce qu’ils ont toujours fait comme ça. Ils sont aussi attachés à l’idée de consommer régional. Nous voulons valoriser ce geste environnemental fort, et mettre en évidence le fait que la consigne représente des emplois non délocalisables.

Simon Baumert, de Zéro Déchet Strasbourg.

Un logo commun et une carte des points de vente avec consigne sont en cours de création. Le Réseau Alsace Consigne souhaite aussi mettre en place des « magasins pilotes exemplaires en termes de visibilité de la consigne : il ne faut pas que la machine soit reléguée dans un coin. Il faut que le consommateur la voie ».

Après la période de creux d’il y a dix ans, la consigne suscite, comme partout en France, un regain d’intérêt de la part de « citoyens qui veulent consommer autrement ». Certains industriels alsaciens y sont également attachés, et ont décidé de s’y investir : « Je suis salarié de Zéro Déchet Strasbourg grâce aux financements des entreprises », souligne Simon Baumert.

Lisa Giachino

Cet article Consigne : l’Alsace a un temps d’avance est apparu en premier sur Le site du journal L'age de faire.


Accéder à l'intégralité du contenu