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Age de Faire

Thierry Breton passe depuis trente ans du public au privé, quitte à multiplier les situations de possibles conflits d’intérêts. Cela ne semble pas inquiéter Emmanuel Macron, qui souhaite en faire le nouveau commissaire européen français.

Il faut croire que la macronie ne possède pas, en son sein, d’individus pouvant prétendre au poste de Commissaire européen et sur lesquels ne pèsent aucun soupçon de conflits d’intérêts. La candidature de Sylvie Goulard, le premier choix du président de la République, a déjà été repoussée par les eurodéputé·es. Le Parlement européen lui reprochait notamment ses liens avec un think-tank états-unien, l’Institut Berggruen, qui la rémunérait plus de 10 000 euros bruts par mois alors qu’elle était dans le même temps député européenne.

En réaction à cet échec, Emmanuel Macron a décidé de présenter la candidature de Thierry Breton. Pour le même résultat ? Cet homme d’affaires passe en effet, depuis trente ans, du secteur public au secteur privé, avec la fâcheuse tendance à détrousser le premier au profit du second.

Après avoir dirigé les entreprises Bull et Thompson, Thierry Breton accède à la présidence de France Telecom en 2002. C’est sous son règne que l’entreprise historique est privatisée, en 2004. Six mois plus tard, il est nommé ministre de l’économie. Mais apparemment, ce transfert du privé au public ne lui a pas ôté le goût des privatisations. Son tableau de chasse est impressionnant : lors de son passage à Bercy, l’État aura cédé 15 % du capital d’EDF au privé, privatisé GDF et les autoroutes. Qui dit mieux ?

Une plainte d’Anticor

Cela étant fait, Thierry Breton repart dans le privé en se faisant embaucher dans une banque qu’Emmanuel Macron connaît bien, pour y avoir également travaillé : Rothschild. Il y restera une année, avant d’être nommé président du directoire d’Atos. Et c’est là où le bât pourrait blesser…

Car si les pantouflages de Thierry Breton ont de quoi interroger, ses fonctions chez Atos pourraient relever, cette fois, du conflit d’intérêts pur et dur. C’est ce qu’en pense Anticor, qui a déposé en septembre une plainte contre X avec constitution de partie civile. En cause : l’attribution à Atos de marchés relatifs aux radars automatiques.

L’association de lutte contre la corruption se base sur un rapport de l’Inspection générale de l’administration, qui avait relevé des « errements » dans les procédures. Sur la base de ce document, Anticor estime que, « au final, il semble qu’entre 2003 et 2011, les procédures de mise en concurrence pour attribuer ces marchés – pour un montant cumulé d’un milliard d’euros ! – n’ont pas respecté un des grands principes de la commande publique, à savoir l’égalité entre les candidats ».

Pour rappel, Thierry Breton a été ministre de l’économie entre février 2005 et mai 2007, puis désigné président du directoire d’Atos dès novembre 2008 – poste qu’il occupe toujours aujourd’hui.

Atos a conçu et expérimenté Linky

Et puis, il y a Linky. Deux entreprises françaises ont largement bénéficié de ce projet industriel de plus de 5 milliards d’euros : Capgémini, et Atos. C’est à cette dernière qu’a été confiée la conception du compteur, et la réalisation de phases de tests. L’entreprise a notamment, au sein du consortium GreenLys, réalisé des essais sur les villes de Lyon et Grenoble pour un montant d’environ 40 millions d’euros. Et cela dès décembre 2009. Elle a aussi été chargée de mettre au point l’intégration des systèmes d’information des compteurs communicants Gazpar – l’équivalent de Linky pour le gaz – pour plus de 10 millions d’euros.

Thierry Breton apparaît ici avec la double casquette de celui qui lance la commande lorsqu’il est ministre, puis la réceptionne une fois retourné dans le privé. En effet, c’est la loi du 13 juillet 2005, fixant les orientations de la politique énergétique, qui a mis le pied à l’étrier de ces programmes de déploiement massif de compteurs communicants.

ErDF, devenu Enedis, était invité à concevoir et installer « des dispositifs permettant aux fournisseurs de proposer à leurs clients des prix différents suivant les périodes de l’année ou de la journée et incitant les utilisateurs des réseaux à limiter leur consommation pendant les périodes où la consommation de l’ensemble des consommateurs est la plus élevée ». Cette loi marque ainsi le début de l’aventure des compteurs communicants. Et elle est, entre autres, signée par le ministre de l’économie de l’époque, Thierry Breton.

Numéro 3 d’Atos : l’ex-directeur de cabinet du ministre

Ce possible conflit d’intérêts n’a pas été évoqué lors de la table ronde organisée en décembre 2017 à l’Assemblée nationale par l’Opecst (Office parlementaire des choix scientifiques). Les débats étaient alors menés par le député Cédric Villani, par ailleurs membre du conseil scientifique… d’Atos ! C’est d’ailleurs le seul conseil scientifique dont le candidat à la mairie de Paris n’a pas démissionné suite à son élection. On évolue décidément en vase clos. Ainsi, l’actuel numéro 3 du groupe se nomme Gilles Grapinet. Ce n’est pas un inconnu : il était directeur de cabinet de Thierry Breton lorsque celui-ci était ministre.

Pas de quoi rassurer celles et ceux qui ont repoussé la candidature de Sylvie Goulard. D’autant que, s’il devenait comme il le souhaite commissaire, il gérerait l’épais portefeuille de la politique industrielle, du marché intérieur, de la défense, de l’espace et du numérique !

Outre qu’Atos touche des subventions européennes, le journal Marianne note aussi que « Thierry Breton, s’il était nommé commissaire, aurait théoriquement à gérer la politique européenne d’investissement dans le domaine des supercalculateurs, les ordinateurs les plus puissants, dont la construction est la spécialité d’Atos ». Or Thierry Breton possède plus de 500 000 actions du groupe, pour un montant global d’environ 34 millions d’euros. « S’il est confirmé au poste de commissaire européen, il ne disposera au jour de sa prise de fonction d’aucune action, d’aucune sorte dans aucune société exactement comme il l’avait fait lorsqu’il avait été nommé ministre de l’économie, des finances et de l’industrie en 2005 », a fait savoir son entourage. Ouf ?

Nicolas Bérard

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En 1871, la population de Paris s’est défendue contre l’extérieur tout en organisant l’économie de la ville. Elle s’est auto-gouvernée par des réunions collectives quotidiennes, et l’élection de délégués révocables qui devaient rendre compte en permanence aux citoyens de base.

Paris, 1882. Un banquet réunit d’anciens membres de la Commune. Après l’exil, la prison ou le bagne en Nouvelle-Calédonie, beaucoup se retrouvent sans travail, parfois sans famille. Pour se soutenir mutuellement, faire vivre la mémoire de ce qu’ils ont vécu et le souvenir de leurs ami·es mort·es sur les barricades, ils créent une association de solidarité : la Fraternelle.
Paris, 2019. Après avoir traversé des périodes de sommeil, l’association vit toujours sous le nom Les amies et amis de la Commune de Paris-1871. Dans son petit local du 13e arrondissement, elle reçoit les personnes qui s’intéressent à cette période, et prépare ses actions : fêtes, commémorations, expositions, interventions dans les écoles… « Comme nous sommes reconnus en tant que mouvement d’éducation populaire, des enseignants nous sollicitent, explique Françoise Bazire, secrétaire générale.

Des étudiants consultent notre bibliothèque. Et puis, beaucoup de Gilets jaunes sont venus nous voir car ils voulaient qu’on leur parle de la Commune. C’était la même chose au moment de Nuit Debout. C’est important que les gens s’aperçoivent qu’ils sont capables de prendre des décisions. »

L’école laïque obligatoire, les étrangers reconnus citoyens…

C’est tout l’enjeu de la mémoire de la Commune, qui a subi « une chape de plomb et un effacement total », dénonce Françoise Bazire. Il faut dire que ces 72 jours ont de quoi déranger les tenants de l’ordre établi. Le petit peuple de Paris s’est en effet associé aux révolutionnaires et à des soldats qui ont refusé de tirer sur la foule, et rejoint l’insurrection. Ensemble, ils se sont battus contre les Prussiens qui assiégeaient Paris, ont adopté des mesures politiques et sociales d’une grande modernité, puis ont résisté à la répression des Versaillais (royalistes et républicains conservateurs).

« Ils ont prononcé la séparation de l’Église et de l’État 35 ans avant qu’elle ne soit adoptée par la France », souligne Françoise Bazire. L’école laïque devient obligatoire pour les filles et les garçons. Les étrangers sont reconnus citoyens à part entière, et plusieurs d’entre eux accèdent à des postes de responsabilité. Seuls des hommes sont élus délégués à la commune, mais les femmes s’impliquent dans les combats et dans l’organisation de l’activité économique. L’Union des femmes fait partie des lieux de démocratie directe où se construisent les décisions de la Commune. L’égalité de salaire est décrétée entre les instituteurs et institutrices.

Les amendes sur salaire et le travail de nuit dans les boulangeries sont interdits, la journée de travail passe à 10 heures aux ateliers du Louvre, le cumul des traitements est proscrit afin de limiter les inégalités de revenus, les logements vacants sont réquisitionnés, les ventes des objets déposés au Mont-de-Pieté sont gelées…

« S’il y a eu démocratie, c’est parce que les gens étaient là tous les jours »

Les ateliers abandonnés par les patrons qui ont fui Paris sont confiés aux ouvriers. L’élection des cadres des services publics, comme le Conseil général des Postes, est envisagée. Les chefs militaires sont également élus. De nombreux artistes, dont le peintre Gustave Courbet, se réunissent dans des fédérations qui conservent et gèrent les monuments, musées, galeries et théâtres, en cherchant à se libérer de la tutelle des propriétaires et marchands d’art.

La démocratie se vit au quotidien : la Commune s’est construite dans les clubs parisiens, où la pensée révolutionnaire s’est diffusée auprès de la population. Après l’élection de l’assemblée communale, qui compte 75 délégués dont 25 ouvriers (le reste est issu de la petite bourgeoisie), les décrets sont discutés dans les clubs, les comités de l’Union des femmes et de la Garde nationale, les syndicats… Ces organisations populaires veillent ensuite à leur application. Les élus ont un « mandat impératif » : ils doivent rendre compte en permanence aux citoyens, qui peuvent les révoquer à tout moment.

S’il y a eu démocratie, c’est parce que les gens étaient là tous les jours, estime Françoise Bazire. Début mai, pour faire face à la répression des Versaillais, la Commune a voté la mise en place d’un Comité de salut public. » Une minorité de délégués, considérant qu’il s’agit d’une dérive autoritaire, se retire alors de l’assemblée communale. « Quand ils sont venus rendre compte, la population leur a dit : “On a voté pour que vous nous représentiez, retournez-y.” Et ils y sont retourné.

poursuit Françoise Bazire.

« Sur une vaste faute, il faut un vaste oubli »

Alors que la Révolution française est enseignée et célébrée comme si elle menait tout naturellement à la démocratie représentative que nous connaissons aujourd’hui, l’expérience autogestionnaire de la Commune est passée sous silence. Il faut dire qu’après l’avoir écrasée dans le sang, les monarchistes et conservateurs au pouvoir dans les années 1870 vont tout faire tout pour l’effacer des mémoires. Des milliers de communard·es exécuté·es sans jugement n’ont pas droit à une sépulture décente ; le mot « commune » est interdit sur leurs tombes. Les républicains modérés plaident quant à eux pour l’amnistie, qu’ils obtiennent en 1880, ce qui permet la libération des condamné·es et le retour des exilé·es. Mais la Commune est pour eux un crime, commis par un peuple furieux et déraisonnable, sur lequel il faut « passer une grande éponge » pour le député Alfred Naquet, ou « mettre la pierre tumulaire de l’oubli » selon Gambetta. « Sur une vaste faute, il faut un vaste oubli », dit aussi Victor Hugo. L’oubli sera vaste… mais pas complet. (1)

La première montée au mur des Fédérés au cimetière du Père Lachaise, où les derniers communard·es à résister aux Versaillais ont été massacrés, a lieu en 1880. À partir de cette date, malgré les interdictions régulières, « chaque année, il y a toujours eu quelqu’un, même si c’était parfois juste pour jeter un bouquet par-dessus le mur, indique Françoise Bazire. L’une des plus grandes montées au mur a réuni 600 000 personnes en 1936 : le défilé a duré 9 heures ! »

À force de mobilisation, l’association a obtenu la réhabilitation des communard·es, qui étaient toujours considéré·es comme des criminel·les. Et en 2016, une résolution a été votée à la majorité par les députés, pour qu’il soit tenu compte des travaux d’histoire sur cette période, que la Commune soit enseignée à l’école et intégrée à l’histoire de France et de Paris. Reste à appliquer cette résolution… sans pour autant édulcorer la Commune en lui enlevant sa radicalité.

Lisa Giachino
…………………………………………………………………………………………………………………….
1 – La commune n’est pas morte, les usages politiques du passé de 1871 à nos jours, Eric Fournier, Libertalia, 2013.

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La lettre est arrivée fin septembre. Signée du président de la Région Paca, Renaud Muselier, elle explique à quel point ce dernier se préoccupe de l’éducation de nos enfants. « On se souvient toute sa vie de son lycée ! », commence-t-il. Et il a bien raison. Aussitôt me reviennent en tête ces belles années, les ami·es, les amours, les emmerdes, et tout le toutim. C’est vrai que c’était chouette ! Vas-y Renaud, fonce, claque sans compter le fric de la Région pour offrir aux lycéen·nes les meilleures conditions possibles ! Mais dès la cinquième ligne, patatras : « Pour le bien-être des élèves, nous intensifions nos efforts pour faire de nos établissements des modèles, toujours plus innovants, éco-responsables et connectés. » On commence à comprendre le topo. En guise de bien-être, la Région va coller une tablette entre les mains de tous ses jeunes. C’est à peu près ça… en pire !

« En franchissant les portes du lycée, il (elle) entre dans une enceinte sécurisée, grâce aux équipements de vidéoprotection dans lesquels nous avons investis 30 M€, avant d’être accueilli(e) par l’un des 160  médiateurs de la garde régionale des lycées, chargée de maintenir un climat serein. » Évoluer sous l’œil conjoint de caméras de surveillance et de soldats de la garde impériale – pardon –, de la garde régionale, les adolescent·es ne réclament sûrement que ça pour être serein·es… Poursuivons notre lecture. Sitôt installé·e à son bureau, l’étudiant·e va « brancher sa tablette numérique, son nouveau compagnon d’apprentissage au quotidien. (…) Il (elle) peut également exploiter tout le potentiel de cet outil car les lycées de la Région Sud sont équipés du Très Haut Débit et 100 % Wi-Fi. » En gros, sitôt qu’ils·elles auront franchi le sas de sécurité et montré leurs trognes aux caméras de surveillance, les lycéen·nes vont baigner dans un épais bain d’ondes électromagnétiques afin de pouvoir s’éclater à chaque instant avec leur « compagnon » : une tablette !

On imagine que, pour remplacer ainsi des livres par un objet connecté, ‘est que ce dernier doit être un bien meilleur outil d’apprentissage. Même pas. L’étude Pisa, réalisée par l’OCDE, le reconnaît malgré elle : lorsque les technologies numériques « sont utilisées en classe, leur incidence sur la performance des élèves est mitigée, dans le meilleur des cas ». Si vous remettez la phrase à l’endroit, cela signifie que, au mieux, les tablettes ne font pas trop baisser le niveau des élèves. Et que la plupart du temps, elles ont un effet négatif.

Alors, pourquoi un tel acharnement à équiper, à grands frais économiques et écologiques, chaque élève d’outils connectés, et ce parfois dès l’école primaire ? Pourquoi ajouter des écrans aux écrans alors que, « en même temps », il est de plus en plus clairement conseillé aux parents de limiter l’exposition aux objets numériques de leurs bambins (1), et aux ondes par la même occasion ? On peut apporter bien des réponses à cette question, mais c’est sans doute l’ex-directrice de la Direction du numérique pour l’éducation qui apporte la meilleure : « Il faut arrêter avec la question de l’efficacité, de l’utilité du numérique. On est dans l’ère du numérique, il faut faire avec. » (2) Pourtant, les millionnaires de la Silicone Valley, qui inventent la plupart de ces outils, refusent pour leur part de transformer leurs enfants en chairs à tablettes, et les inscrivent dans des écoles qui en sont totalement dépourvues. Tout cela pour vous dire : si votre (petit-)enfant laisse malencontreusement tomber sa tablette par terre et qu’elle se casse, surtout, ne le disputez pas !

Nicolas Bérard

1 – Les ravages des écrans, de Manfred Spitzer, éd. L’échappée.
2 – Citée dans Critiques de l’école numérique, un ouvrage collectif coordonné par Cédric Biagini, Christophe Cailleaux et François Jarrige, qui vient de paraître aux éditions L’échappée. On recommande.

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La réforme de l’assurance-chômage s’inscrit dans les objectifs du gouvernement : affaiblir la protection sociale, obliger les salariés à accepter n’importe quel emploi.
Au début de l’année, le gouvernement a exigé que les allocations chômage soient réduites de 1,5 milliard d’euros par an. Pourtant, celles-ci n’étaient déjà pas généreuses : 1010 euros par mois en moyenne ; 44 % seulement des demandeurs d’emploi sont indemnisés par l’Unedic.
Certes, depuis 2008, l’assurance chômage a accumulé 37 milliards de dette. Mais, ce ne sont pas les chômeurs qui en sont responsables. C’est la crise financière puis les politiques d’austérité qui ont maintenu le taux de chômage au-dessus de 8,25 %, taux qui assure l’équilibre financier de l’Unedic. Par ailleurs, l’Unedic finance le fonctionnement de Pôle emploi, ce qui représente chaque année 3,5 milliards d’euros. Sans ce transfert, l’Unedic n’aurait pas de dette. En 2020, l’Unedic devait être en équilibre. La baisse exigée des prestations vise à montrer au patronat et à Bruxelles que le gouvernement réduit les dépenses publiques.
Cette baisse s’accompagne d’un discours idéologique. Ce serait les chômeurs eux-mêmes qui sont responsables de leur chômage. Ils préfèrent vivre des prestations plutôt que traverser la rue pour trouver un emploi. En fait, il y a au plus 300 000 emplois vacants pour 6 millions d’inscrits à Pôle emploi ; 45% des chômeurs occupent des emplois précaires à temps très partiels. Cela n’empêche pas le gouvernement de prétendre, sans le moindre fondement, que la baisse des prestations chômage ferait baisser le nombre de chômeurs de 200 000.

Allocation divisée par deux

À partir du 1er novembre, il faudra avoir travailler 6 mois sur les 24 derniers mois et non plus 4 mois sur 28 pour avoir droit à l’indemnisation, ce qui privera d’allocation 250 000 chômeurs parmi les plus précaires.
À la suite du mensonge de Muriel Pénicaud selon laquelle 20 % des chômeurs touchent plus que s’ils travaillent, l’allocation sera calculée sur le salaire mensuel et non plus sur le salaire journalier. Un salarié en chômage partiel, qui n’a pu travailler que la moitié du temps sur la période de référence, verra son allocation divisée par deux par rapport à la situation actuelle, s’il passe en chômage total.
Pour les allocations chômage comme pour les retraites, Macron veut étatiser la Sécurité sociale, faire oublier que ses ressources, c’est l’argent des salariés que les syndicats sont légitimes à gérer. La réforme, décidée sans tenir compte de l’avis des syndicats, est passé par décrets, sans vote du parlement. C’est la négation de la démocratie sociale et politique.

Henri Sterdyniak, économiste atterré

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A l’approche des élections municipales, partout en France, des collectifs se montent pour porter des listes participatives afin de « prendre le pouvoir et le partager ». Utopique ? Murray Bookchin disait que le municipalisme libertaire s’appuie sur « des traditions démocratiques profondément enracinées ». Du Rojava à la Suisse, de la Commune de Paris de 1871 aux Gilets jaunes… Le communalisme propose de renouer avec une démocratie vivante, faite d’échanges en face à face, dans laquelle « le politique, c’est l’habitant ».

Au sommaire du numéro 146 (novembre 2019) :

1 / EDITO Numérisation de l’école : c’est comme ça ? / Il est grand temps de rallumer les étoiles
3 / MANIFS Calme étrange autour d’Extinction Rébellion / Les copains d’abord
4 / Femmes fixation sur le voile et féminisme décolonial / Portrait Espagne : Safia veut voter
5 / FILM À Grande-Synthe, priorité à l’humain
Ma petite entreprise baskets en plastique recyclé / cinéma Tënk
12 /13 / Infographie dans le var, menace sur l’eau potable
14 /15 / Actu Une Zad dans les dunes s’inspire de Notre-Dame des-Landes / Grrr-ondes l’anses change de ton/ économistes atterrés
16 / 17 / Lorgnette Impunité des multinationales : le monstre à deux têtes / Les tribunaux arbitraux, « une arme de destruction massive »
18 / L’atelier Opération zéro déchet ! / Au jardin / Couture & Compagnie / Le coin naturopathie
20 / Fiche pratique : chiffrer ses mails
21 / Cadeaux malins

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Alternatiba

07.11.2019 - Le Camp Climat Sénégal 2019

Juliette et Pierre-Julien, deux militant·es d’Alternatiba et d’ANV-COP21, ont participé au Camp Climat Sénégal 2019. Cet événement a été l’occasion pour les deux de rencontrer les militant·es climat de ce pays, de découvrir une partie du Sénégal ainsi que la...

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06.11.2019 - Ta Mairie a-t-elle des super-pouvoirs ?

Voici un petit quizz réalisé pour comprendre le pouvoir de décision des mairies et intercommunalités sur notre environnement quotidien. Alimentation, mobilité, transport, sont autant de thèmes qui relèvent de leurs compétences. Répondez à chacune des situations et découvrez ce que...

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21.10.2019 - 20ème Coordination : renforcement des mouvements Alternatiba et ANV-COP21

Après une rentrée riche en mobilisations et la relaxe historique des décrocheur.euse.s de Lyon, la Coordination d’Alternatiba et d’ANV-COP21 a réuni à Montpellier 135 animateurs et animatrices des deux mouvements.

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01.10.2019 - Une journée sans voiture parce que La Rue Est À Nous

Le Dimanche 22 Septembre accueillait dans Paris la Journée sans voiture dans le cadre du projet Quartier Libre. Cette initiative menée par un collectif de citoyens répond à un besoin de réappropriation de l’espace public. Le groupe local Alternatiba Paris...

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27.09.2019 - Une stratégie imposée par la force

Samedi 21 septembre, à Paris, la Marche pour le climat et la justice sociale a été perturbée par des affrontements violents, pour la première fois depuis le début de la dynamique des marches. Nous avons immédiatement dénoncé les violences complètement...

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La Totale

Du 6 au 27 octobre 2019, plus de 300 évêques, experts et auditeurs (dont une petite quarantaine de femmes) participent au synode Amazonie.
Ce synode représente un temps fort pour la sauvegarde de l'Amazonie, pour l'Eglise et l'avenir de notre maison commune, la planète.
Aujourd'hui, l'Amazonie et ses populations traditionnelles sont particulièrement menacées. Sa destruction a aussi un impact sur l'équilibre du monde entier. Avec plusieurs partenaires d'Amérique latine, nous nous sommes investis dans les travaux préparatoires de cet événement.
Ensemble, avec les habitants de l'Amazonie, nous pouvons contribuer à sauvegarder l'Amazonie et nous transformer nous-mêmes.

Pourquoi un synode sur l'Amazonie ?

Le Pape François a convoqué une assemblée spéciale du synode des évêques pour la région pan-amazonienne, sous le thème « Amazonie : nouveaux chemins pour l'église et pour une écologie intégrale ». La mission de cette assemblée est de réfléchir comment "faire s'épanouir le visage amazonien de l'Église" et comment "faire face aux situations d'injustice de la région", en remettant en question un modèle de développement qui concerne non seulement l'Amazonie, mais toute la planète.

Le document préparatoire du synode explique ainsi : "La culture dominante de la société de consommation et du déchet transforme la planète en une grande décharge publique. Le Pape dénonce ce modèle de développement anonyme, asphyxiant, sans mère, dont les seules obsessions sont la consommation et les idoles de l'argent et du pouvoir. De nouveaux colonialismes idéologiques s'imposent sous le mythe du progrès et détruisent les identités culturelles spécifiques. François en appelle à la défense des cultures et à la réappropriation de l'héritage qui provient de la sagesse ancestrale, qui suggère un mode de relation harmonieuse entre la nature et le Créateur. Il affirme clairement que « la défense de la terre n'a d'autre finalité que la défense de la vie » (Fr. PM)".

Ecoutez le podcast de l'émission RCF : Le synode pour l'Amazonie, un laboratoire pour l'Eglise :

Un synode Amazonie, un synode pour le monde

Comme le souligne Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire " Le Synode pour l'Amazonie est aussi un synode pour le monde. En le convoquant à Rome, et non en Amazonie, le Pape François l'ouvre à l'Eglise universelle. "

Se nourrir du synode Amazonie pour murir notre réflexion sur l'écologie intégrale

Pour Walter Prysthon, responsable du service Amérique Latine au CCFD-Terre Solidaire, le synode nous offre une occasion de mûrir notre propre réflexion sur l'écologie intégrale et notre engagement dans la lignée de l'encyclique Laudato Si.
Le document préparatoire du synode évoque la conversion qui est attendu de nous tous :
"Changer de cap ou se convertir intégralement ne se réduit pas à une conversion au niveau individuel. Une transformation profonde du cœur, exprimée par un changement de nos habitudes personnelles, est aussi nécessaire qu'une transformation structurelle, exprimée par un changement des habitudes sociales, des lois et des programmes économiques.
Pour parvenir à réaliser ce changement radical dont l'Amazonie et la planète ont besoin, les processus d'évangélisation ont beaucoup à apporter, surtout en raison de la profondeur avec laquelle l'Esprit de Dieu pénètre la nature et les cœurs des personnes et des peuples.

Façonner une Eglise au visage Amazonien

Le document préparatoire du Synode invite à façonner une « Église au visage amazonien », incarnée dans les réalités locales, ouverte à la pluralité des peuples et de leurs cultures.
Cela signifie que l'Église dans son ensemble est appelée à bénéficier des réflexions et propositions qui s'y feront, afin de construire une Église qui

  • réponde aux besoins et espoirs sociaux et pastoraux des populations locales,
  • s'ouvre à la spiritualité des peuples amazoniens et au dialogue interculturel
  • intègre davantage les laïcs et les femmes.

Tout comme le christianisme s'est épanouit au contact de la philosophie grecque, il est appelé aujourd'hui à apprendre des cultures amazoniennes :

"Ce nouveau paradigme ouvre des perspectives de transformation personnelle et dans la société. La joie et la paix sont possibles lorsque nous ne sommes plus obsédés par la consommation. Le Pape François affirme qu'une relation harmonieuse avec la nature nous permet une sobriété heureuse, la paix intérieure avec soi-même, en relation avec le bien commun, et une harmonie sereine qui implique de se contenter de ce qui est réellement nécessaire. C'est quelque chose que les cultures occidentales peuvent et même devraient apprendre des cultures traditionnelles amazoniennes et d'autres territoires et communautés de la planète.
Ces peuples, « ont beaucoup à nous enseigner » (EG 198). Grâce à leur amour de la terre et à leur relation avec les écosystèmes, ils connaissent le Dieu Créateur, source de vie. Eux, « par leurs propres souffrances, ils connaissent le Christ souffrant » (EG 198). À travers leur conception de la vie sociale en dialogue, ils sont mus par l'Esprit Saint. C'est pourquoi le Pape François a souligné qu'il « est nécessaire que tous nous nous laissions évangéliser par eux » et par leurs cultures, et que le devoir de la nouvelle évangélisation implique de « prêter notre voix à leurs causes, mais [nous sommes aussi appelés] à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux » (EG 198). Leurs enseignements pourraient, par conséquent, indiquer la voie des priorités des nouveaux chemins de l'Église en Amazonie.
"

Les peuples amazoniens associés à la préparation du synode

Afin d'élargir les réflexions sur les besoins et défis de l'Église en Amazonie, un processus participatif inédit de consultations a été mené par le Réseau Ecclésial Pan-Amazonien (REPAM).
Entre juin 2018 et février 2019, 65 assemblées territoriales et 25 forums thématiques ont été organisés. Ils ont permis de faire remonter les préoccupations et espérances des peuples amazoniens dans le document préparatoire du synode.
On dénombre, en particulier, 174 peuples ou nationalités indigènes ayant pris part au processus. Soit plus de 40% des 390 peuples indigènes de l'Amazonie.

Le CCFD-Terre Solidaire heureux d'avoir participé aux travaux préparatoires du synode Amazonie

Nous avons pu apporter notre regard sur la première version du document préparatoire à partir des réalités des organisations partenaires que nous soutenons en Amazonie.

Les enjeux majeurs que nous avons identifiés dans notre stratégie amazonienne sont largement abordés dans les documents qui préparent le Synode :

  • Les menaces d'un modèle économique prédateur : extractivisme, changement climatique, les fausses solutions de l'économie verte, avec une recrudescence des conflits violents. Nous soutenons les expériences territoriales de résistance pacifique aux mégaprojets destructeurs de l'environnement et des équilibres sociaux amazoniens. Par l'action de nos partenaires, nous promouvons aussi la consolidation, la diffusion et la multiplication d'initiatives agroécologiques et agroforestières en Amazonie.
  • L'enjeu du vivre-ensemble, qui fait partie des réflexions autour de l'écologie intégrale que l'Église propose. L'implication des femmes, des jeunes, des peuples indigènes et des communautés traditionnelles rurales est au cœur de la stratégie du CCFD-Terre Solidaire en Amazonie. Face au modèle prédateur et destructeur des identités culturelles, nous cherchons à renforcer les articulations des sociétés civiles amazoniennes. En 2020 nous soutiendrons par exemple le Forum social Pan-Amazonien à Mocoa en Colombie.

Une délégation du CCFD-Terre Solidaire à Rome du 19 au 23 octobre à l'occasion du synode Amazonie

Nous sommes aussi engagés avec le REPAM et la Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité (CIDSE) pour l'organisation, pendant la période du Synode à Rome, de rencontres avec des acteurs de terrain, des organismes d'Eglise et Peuples indigènes. Cela se fera dans le cadre d'un espace de communion ecclésiale appelé « Maison Commune ». Cet espace d'échange accueillera les acteurs qui accompagnent les travaux du Synode : partenaires, organisations de solidarité internationale, réseaux de théologiens et théologiennes, congrégations religieuses présentes en Amazonie, etc.
Une délégation du CCFD-Terre Solidaire composée de bénévoles issus de régions engagées sur les questions indigènes et environnementales et de salariés se rendra à Rome du 19 au 23 octobre 2019 et participera à ces temps d'échanges..
Six organisations partenaires que nous soutenons en Amazonie seront présentes : la Commission Pastorale de la Terre de l'Acre au Brésil, le CIMI, l'organisme mandaté par l'Eglise Catholique brésilienne pour accompagner les peuples amérindiens, la Pastorale de la Terre d'Yurimaguas et la CAAAP au Pérou, Amerindia et ALLER. Plusieurs seront représentés par des femmes engagées auprès des communautés locales.

Pour faire rayonner le synode Amazonie autour de vous :

A l'occasion du synode, nous souhaitons rendre davantage visibles les efforts pour la dénonciation des violences en Amazonie, qui sont liées à l'expansion de l'agrobusiness et des projets miniers.
Vous pouvez partager cet article et les vidéos de notre chaine You Tube dans vos réseaux.

Proposer une animation autour du synode Amazonie

Vous pouvez organiser un temps de réflexion dans votre paroisse ou votre communauté. Des bénévoles de la région Ile de France ont conçu des fiches d'animation qui ponctuent les 4 semaines du synode :

Outils d'animations :

pourquoi un synode Amazonie
Pourquoi un synode Amazonie ? Outil d'animation pour sensibiliser et réfléchir
Synode Amazonie et extractivisme
Les politiques extractivistes, sources de contamination et de mort en Amazonie, outil pour sensibiliser et réfléchir
Synode Amazonie et écologie intégrale
synode Amazonie et écologie intégrale
Retours du synode sur l'Amazonie
Retours du synode sur l'Amazonie

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Malgré le silence des grands médias et du gouvernement, malgré l'absence de campagne officielle, la campagne pour obtenir un referendum concernant la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP) bat son plein.

Lors des semaines passées, des dizaines de collectifs unitaires se sont créés dans toute la France, mobilisant des centaines de militant·e·s de terrain. Car ce referendum d'initiative partagée est un enjeu de société crucial : soit abandonner la gestion des richesses nationales et des biens communs aux entreprises privées pour le plus grand bonheur de leurs actionnaires ; soit préserver ces biens, afin de réorienter leur usage, pour la justice sociale et la défense de l'environnement.

L'expérience récente des privatisations des autoroutes illustre bien le projet actuel du gouvernement : vendre des infrastructures publiques pour enrichir quelques-uns, tandis que la privatisation ne bénéficie pas à la majorité qui doit payer pour les profits des actionnaires.

La campagne pour le référendum sur la privatisation d'ADP doit prendre une nouvelle dimension en ce mois de novembre, pour atteindre le million de demandes du référendum et accélérer le rythme des signatures.
A ce titre, la coordination nationale contre la privatisation d'ADP et toutes les organisations qui soutiennent la campagne pour le référendum appellent :

  • A faire de la 2e quinzaine de novembre une grande séquence de mobilisations pour le référendum ; à Paris cette mobilisation culminera par un rassemblement sur la place de la République le samedi 30 novembre à partir de 14H
  • Les maires de toutes les communes françaises à exercer leur droit à l'information auprès de leurs administrés, et à faire des mairies des lieux vivants de la démocratie ;
  • A être présents lors des manifestations qui vont se dérouler en novembre et décembre, notamment les mobilisations pour la santé du 14 novembre, féministes du 23 novembre et pour la défense des retraites du 5 décembre.
  • Les personnes qui ont déjà signer à convaincre 4 personnes de leur entourage à faire de même ; tou·te·s ensemble, on peut y arriver.

32 organisations regroupées au sein de la coordination nationale contre la privatisation d'Aéroports de Paris ont lancé un outil commun afin de mobiliser pour exiger un référendum contre la privatisation d'ADP : le site commun https://privatisercestvoler.fr recense les différents documents et outils de mobilisations.

Une conférence de presse sera organisée le jeudi 28 novembre à 11h au café Le Fluctuat Nec Mergitur sur la place de la République pour informer sur l'état des lieux de cette campagne et sur les actions à venir.

La coordination nationale contre la privatisation d'Aéroports de Paris

Contact :
bonjour@privatisercestvoler.fr


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Juliette et Pierre-Julien, deux militant·es d’Alternatiba et d’ANV-COP21, ont participé au Camp Climat Sénégal 2019. Cet événement a été l’occasion pour les deux de rencontrer les militant·es climat de ce pays, de découvrir une partie du Sénégal ainsi que la...

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Invitation à la soirée de lancement du livre
Devoir de vigilance, une victoire contre l'impunité des multinationales
par Olivier Petitjean

Le 14 novembre 2019 à 18h30
à la Fondation Charles Léopold Mayer, 38 rue Saint Sabin, 75011 Paris

Lien pour s'inscrire : http://bit.ly/LivreOPetitjean


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A l’heure où le gouvernement durcit le ton en matière d’immigration, Emmaüs France, dans une lettre au président de la République, appelle à une politique d’accueil inconditionnel « digne, respectueuse et intégrante » et s’oppose à la…
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Thierry Breton passe depuis trente ans du public au privé, quitte à multiplier les situations de possibles conflits d’intérêts. Cela ne semble pas inquiéter Emmanuel Macron, qui souhaite en faire le nouveau commissaire européen français.

Il faut croire que la macronie ne possède pas, en son sein, d’individus pouvant prétendre au poste de Commissaire européen et sur lesquels ne pèsent aucun soupçon de conflits d’intérêts. La candidature de Sylvie Goulard, le premier choix du président de la République, a déjà été repoussée par les eurodéputé·es. Le Parlement européen lui reprochait notamment ses liens avec un think-tank états-unien, l’Institut Berggruen, qui la rémunérait plus de 10 000 euros bruts par mois alors qu’elle était dans le même temps député européenne.

En réaction à cet échec, Emmanuel Macron a décidé de présenter la candidature de Thierry Breton. Pour le même résultat ? Cet homme d’affaires passe en effet, depuis trente ans, du secteur public au secteur privé, avec la fâcheuse tendance à détrousser le premier au profit du second.

Après avoir dirigé les entreprises Bull et Thompson, Thierry Breton accède à la présidence de France Telecom en 2002. C’est sous son règne que l’entreprise historique est privatisée, en 2004. Six mois plus tard, il est nommé ministre de l’économie. Mais apparemment, ce transfert du privé au public ne lui a pas ôté le goût des privatisations. Son tableau de chasse est impressionnant : lors de son passage à Bercy, l’État aura cédé 15 % du capital d’EDF au privé, privatisé GDF et les autoroutes. Qui dit mieux ?

Une plainte d’Anticor

Cela étant fait, Thierry Breton repart dans le privé en se faisant embaucher dans une banque qu’Emmanuel Macron connaît bien, pour y avoir également travaillé : Rothschild. Il y restera une année, avant d’être nommé président du directoire d’Atos. Et c’est là où le bât pourrait blesser…

Car si les pantouflages de Thierry Breton ont de quoi interroger, ses fonctions chez Atos pourraient relever, cette fois, du conflit d’intérêts pur et dur. C’est ce qu’en pense Anticor, qui a déposé en septembre une plainte contre X avec constitution de partie civile. En cause : l’attribution à Atos de marchés relatifs aux radars automatiques.

L’association de lutte contre la corruption se base sur un rapport de l’Inspection générale de l’administration, qui avait relevé des « errements » dans les procédures. Sur la base de ce document, Anticor estime que, « au final, il semble qu’entre 2003 et 2011, les procédures de mise en concurrence pour attribuer ces marchés – pour un montant cumulé d’un milliard d’euros ! – n’ont pas respecté un des grands principes de la commande publique, à savoir l’égalité entre les candidats ».

Pour rappel, Thierry Breton a été ministre de l’économie entre février 2005 et mai 2007, puis désigné président du directoire d’Atos dès novembre 2008 – poste qu’il occupe toujours aujourd’hui.

Atos a conçu et expérimenté Linky

Et puis, il y a Linky. Deux entreprises françaises ont largement bénéficié de ce projet industriel de plus de 5 milliards d’euros : Capgémini, et Atos. C’est à cette dernière qu’a été confiée la conception du compteur, et la réalisation de phases de tests. L’entreprise a notamment, au sein du consortium GreenLys, réalisé des essais sur les villes de Lyon et Grenoble pour un montant d’environ 40 millions d’euros. Et cela dès décembre 2009. Elle a aussi été chargée de mettre au point l’intégration des systèmes d’information des compteurs communicants Gazpar – l’équivalent de Linky pour le gaz – pour plus de 10 millions d’euros.

Thierry Breton apparaît ici avec la double casquette de celui qui lance la commande lorsqu’il est ministre, puis la réceptionne une fois retourné dans le privé. En effet, c’est la loi du 13 juillet 2005, fixant les orientations de la politique énergétique, qui a mis le pied à l’étrier de ces programmes de déploiement massif de compteurs communicants.

ErDF, devenu Enedis, était invité à concevoir et installer « des dispositifs permettant aux fournisseurs de proposer à leurs clients des prix différents suivant les périodes de l’année ou de la journée et incitant les utilisateurs des réseaux à limiter leur consommation pendant les périodes où la consommation de l’ensemble des consommateurs est la plus élevée ». Cette loi marque ainsi le début de l’aventure des compteurs communicants. Et elle est, entre autres, signée par le ministre de l’économie de l’époque, Thierry Breton.

Numéro 3 d’Atos : l’ex-directeur de cabinet du ministre

Ce possible conflit d’intérêts n’a pas été évoqué lors de la table ronde organisée en décembre 2017 à l’Assemblée nationale par l’Opecst (Office parlementaire des choix scientifiques). Les débats étaient alors menés par le député Cédric Villani, par ailleurs membre du conseil scientifique… d’Atos ! C’est d’ailleurs le seul conseil scientifique dont le candidat à la mairie de Paris n’a pas démissionné suite à son élection. On évolue décidément en vase clos. Ainsi, l’actuel numéro 3 du groupe se nomme Gilles Grapinet. Ce n’est pas un inconnu : il était directeur de cabinet de Thierry Breton lorsque celui-ci était ministre.

Pas de quoi rassurer celles et ceux qui ont repoussé la candidature de Sylvie Goulard. D’autant que, s’il devenait comme il le souhaite commissaire, il gérerait l’épais portefeuille de la politique industrielle, du marché intérieur, de la défense, de l’espace et du numérique !

Outre qu’Atos touche des subventions européennes, le journal Marianne note aussi que « Thierry Breton, s’il était nommé commissaire, aurait théoriquement à gérer la politique européenne d’investissement dans le domaine des supercalculateurs, les ordinateurs les plus puissants, dont la construction est la spécialité d’Atos ». Or Thierry Breton possède plus de 500 000 actions du groupe, pour un montant global d’environ 34 millions d’euros. « S’il est confirmé au poste de commissaire européen, il ne disposera au jour de sa prise de fonction d’aucune action, d’aucune sorte dans aucune société exactement comme il l’avait fait lorsqu’il avait été nommé ministre de l’économie, des finances et de l’industrie en 2005 », a fait savoir son entourage. Ouf ?

Nicolas Bérard

Cet article Thierry Breton, ami de Linky, seigneur du pantouflage est apparu en premier sur Le site du journal L'age de faire.


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